PNVi : l’ACDIP de Jonas Kasimba plaide pour une délimitation définitive et une réforme consensuelle pour apaiser les conflits fonciers
PNVi : l’ACDIP de Jonas Kasimba plaide pour une délimitation définitive et une réforme consensuelle pour apaiser les conflits fonciers
AFP
L’Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP), dirigée par Jonas Kasimba, appelle le gouvernement de la République démocratique du Congo à procéder à une délimitation définitive du Parc national des Virunga (PNVi). L’objectif affiché est de mettre fin à des conflits fonciers et sociaux qui perdurent depuis plus de deux décennies.
Dans une correspondance adressée à la ministre de l’Environnement et du Développement durable, cette formation politique propose une réforme consensuelle des limites du parc. Celle-ci passerait notamment par la désaffectation de certaines terres arables et la mise en place d’un modèle de gestion inclusive, afin d’apaiser les tensions récurrentes entre les communautés riveraines et l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).
« Cette situation constitue une source permanente de tensions et de violences au sein du parc et requiert une attention particulière du gouvernement. Les populations riveraines, dont les terres ont été autrefois spoliées, estiment ne pas bénéficier équitablement des revenus générés, malgré quelques projets de développement local », déplore l’ACDIP.
Le parti plaide ainsi pour une révision négociée des limites du parc, qui devrait être entérinée par le Parlement et le Président de la République, dans le but de concilier la survie des communautés locales et la préservation de la biodiversité.
Selon l’ACDIP, les différentes délimitations opérées en 1925, 1929 et 1950 ont profondément bouleversé le mode de vie des populations. Privées d’accès à leurs terres ancestrales et reléguées en périphérie du parc, ces communautés, jadis dépendantes de l’agriculture, de la chasse et de la pêche, voient aujourd’hui leurs moyens de subsistance considérablement réduits.
Dans un contexte de forte croissance démographique et de pression accrue sur les terres arables, certains riverains tentent de réinvestir les zones protégées. Une situation qui engendre régulièrement des affrontements avec les agents de l’ICCN, marqués par des destructions de cultures, des arrestations et, dans certains cas, des pertes en vies humaines.
Pour mettre un terme à ces tensions, l’ACDIP préconise une approche fondée sur la reconnaissance d’une injustice historique. Le parti estime que les décrets coloniaux ont privé les populations de leurs terres et propose, en guise de réparation, une compensation via la désaffectation partielle de certaines zones du parc. Cette redéfinition des limites devrait, selon lui, tenir compte de l’évolution démographique tout en garantissant des alternatives économiques durables aux communautés.
Dans cette optique, l’ACDIP insiste sur la nécessité de développer des solutions concrètes en dehors du parc, notamment à travers l’amélioration des techniques agricoles, l’accès à une énergie abordable ainsi que le financement de projets encadrés dans les domaines de la pêche et de l’élevage.
Par ailleurs, le parti exige un partage plus équitable des revenus issus de l’exploitation du parc. Il recommande qu’une part significative des recettes générées par le tourisme et la production d’électricité soit réinvestie dans des infrastructures de base, telles que les écoles, les routes et les structures sanitaires.
« Le parc doit être perçu comme un bien commun et une source de richesse, et non comme une contrainte. L’intégration des chefs locaux et des populations dans les processus de décision est essentielle. La mise en place de comités locaux de sensibilisation, impliquant des leaders d’opinion, permettra de renforcer la compréhension des enjeux liés à la biodiversité et de restaurer la confiance envers l’ICCN », conclut l’ACDIP.
Azarias Mokonzi
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