Droits humains Des mineures parmi les victimes : l’AFC/M23, principal auteur des violences sexuelles à l’Est

Des mineures parmi les victimes : l’AFC/M23, principal auteur des violences sexuelles à l’Est

Selon les statistiques de l'ONU, l'AFC/M23 est le principal auteur des violences sexuelles liées au conflit dans l'Est, avec de nombreuses mineures parmi les victimes.

Des mineures parmi les victimes : l’AFC/M23, principal auteur des violences sexuelles à l’Est
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 22:09 WAT · 4 min de lecture

Deux graphiques onusiens, l’un pour juillet, l’autre pour août, désignent le même responsable. Ils portent sur les violences sexuelles liées au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo. Sur les deux, une couleur revient : l’orange, qui marque la part des filles mineures parmi les victimes. C’est le rapport à mi-parcours du Groupe d’experts de l’ONU, coté S/2025/858, qui les publie.

Le document ne procède pas par allusion. Le Groupe documente, chiffres à l’appui, que l’AFC/M23 vient en tête des auteurs de ces violences sur la période de l’été. L’annexe 37, qui rassemble les statistiques onusiennes, l’écrit noir sur blanc. La légende des deux figures présente le M23 comme le principal auteur, selon la formule « listing M23 as the main perpetrator », soit désignant le M23 comme le principal auteur. La même légende relève la présence, parmi les victimes, d’un nombre important de filles mineures : « including a significant number of minor girls among the victims », soit comprenant un nombre important de filles mineures parmi les victimes.

À lire aussi : 45 % des exécutions : la courbe de l’ONU qui désigne l’AFC/M23 et suit la présence rwandaise

La source des données ne laisse pas de place au doute. Sous les deux figures, une mention brève attribue les statistiques aux Nations unies pour juillet et août 2025. L’attribution est onusienne. Elle n’émane ni d’une partie au conflit ni d’une déclaration officielle congolaise.

La mention des mineures n’est pas un détail de mise en page. Elle est signalée en orange sur chacun des deux graphiques, pour être vue. Le rapport prend soin de la désigner. Un nombre important de filles n’a pas atteint la majorité au moment des faits. Ce sont des enfants.

La responsabilité placée en tête a un nom et une trajectoire connus du Conseil de sécurité. L’AFC/M23 est le mouvement armé qui contrôle des pans entiers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis le début de l’année. Le même rapport le documente sur d’autres registres. Il l’établit auteur d’exécutions sommaires dont la part remonte en octobre, la légende onusienne relevant « showing an increase in M23-attributed killings (to 19,8%) compared to September », soit une hausse des exécutions attribuées au M23, à 19,8 %, par rapport à septembre. Il le documente organisant le transfert forcé de civils vers le Rwanda. Les violences sexuelles s’inscrivent dans cette continuité d’exactions contre les populations civiles congolaises.

À lire aussi : Binza, l’été des exécutions : plus de 300 civils tués en dix-huit jours

Le rythme des atteintes suit celui des opérations militaires. Là où l’AFC/M23 avance et occupe, les abus contre les civils se multiplient. Le rapport relie ces violences au conflit lui-même, à sa géographie, à la présence du mouvement. Les deux mois d’été retenus par le Groupe correspondent à une phase d’intensité. Les chiffres montent avec elle.

Le caractère onusien de la mesure importe pour la suite judiciaire. Ces données émanent d’un mécanisme mandaté par le Conseil de sécurité, non d’un plaidoyer. Elles sont versées à un rapport officiel, coté, transmis. Elles pourraient nourrir, en droit, l’établissement des responsabilités pénales individuelles. Le rapport, lui, s’en tient à la documentation des faits et à leur imputation.

Pour Kinshasa, ces deux graphiques valent pièce. Ils installent l’AFC/M23 au premier rang des auteurs de violences sexuelles, avec des mineures parmi les victimes, sur une base onusienne et non partisane. Le Groupe d’experts n’en tire pas lui-même les conséquences. Il en confie l’examen au Conseil de sécurité.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…