Politique RDC-Ouganda : un nouveau mémorandum pour relancer l’opération Shujaa face aux ADF et aux groupes armés en Ituri
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RDC-Ouganda : un nouveau mémorandum pour relancer l’opération Shujaa face aux ADF et aux groupes armés en Ituri

À gauche le chef d’Etat major des FARDC et à droite le fils du président ougandais Museveni. PHOTO DROITS TIERS.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 21 JUIN 2025 - 09:01 WAT · 3 min de lecture

Le chef d’état-major des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général Jules Banza Mwilambwe, et son homologue ougandais, le général Muhoozi Kainerugaba, ont signé ce vendredi 20 juin à Kinshasa un mémorandum d’entente révisé sur l’opération militaire conjointe Shujaa. Lancée le 30 novembre 2021, cette opération vise à neutraliser les Forces démocratiques alliées (ADF), groupe rebelle ougandais affilié à l’organisation État islamique, actif dans les territoires de Beni (Nord-Kivu) et d’Irumu (Ituri).

Ce nouveau mémorandum ajuste les objectifs initiaux à l’évolution du contexte sécuritaire. Il prévoit notamment un renforcement des actions militaires conjointes et une extension géographique de l’opération, en intégrant de nouvelles zones d’intervention en Ituri, telles que Mambasa, Mahagi, Aru et Djugu. Ces localités restent fortement exposées à l’activisme des ADF, mais aussi à celui d’autres groupes armés, dont la milice CODECO, impliquée dans des violences persistantes contre les civils.

Les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) verront leur déploiement s’étendre, tandis que la coordination tactique entre les deux armées sera renforcée. Le document insiste sur la présence accrue des services de renseignement sur le terrain, l’amélioration des arrangements logistiques et une gestion optimisée des ressources humaines et matérielles.

Par ailleurs, le mémorandum élargi accorde une attention particulière à la sécurisation des infrastructures stratégiques. Il cite en priorité les travaux de réhabilitation de la route Kasindi–Beni–Butembo, axe vital pour la logistique militaire et le désenclavement économique des zones en conflit.

Depuis son lancement, l’opération Shujaa a permis la neutralisation de plusieurs bastions ADF, notamment entre les villages de 47 et Kota-Okola, près de Mamove. En septembre 2024, une frappe conjointe avait démantelé un centre névralgique du groupe terroriste. Toutefois, une évaluation conjointe réalisée en mai 2024 a mis en lumière des progrès partiels, tout en révélant des insuffisances opérationnelles.

Des organisations comme le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) et Ebuteli jugent les résultats mitigés. Dans leur rapport de 2022, elles pointaient une coordination défaillante, des lenteurs logistiques et une incapacité à éradiquer durablement les ADF. La révision du mémorandum apparaît donc comme une réponse à ces critiques.

La venue à Kinshasa du général Muhoozi Kainerugaba revêt une portée politique non négligeable. Fils du président ougandais Yoweri Museveni, il avait provoqué des tensions diplomatiques avec Kinshasa suite à des déclarations controversées sur les réseaux sociaux. En janvier 2024, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait condamné ces propos et exigé des explications officielles. Muhoozi avait aussi été cité dans le dossier de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), accusé d’avoir hébergé en Ouganda des membres de cette coalition rebelle dirigée par Corneille Nangaa.

Malgré ces frictions, Kinshasa et Kampala réaffirment leur volonté commune de coopérer militairement pour juguler les menaces sécuritaires dans l’Est de la RDC. L’opération Shujaa demeure ainsi un pilier central de la stratégie régionale contre le terrorisme et l’instabilité.

C. Timothée Ézéchiel

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