Atlanta, la remontée : RDC 3-1 Ouzbékistan, le film d’une nuit folle des Léopards
Menés 0-1, un but refusé par la VAR, l'élimination en ligne de mire : les Léopards ont renversé l'Ouzbékistan 3-1 à Atlanta. Wissa (doublé) et Mayele ont signé une remontée qui rapproche la RD Congo des seizièmes, 52 ans après 1974.
À la dixième minute, tout un pays a cru sa nuit déjà finie. Sur un service de Mozgovoy, Eldor Shomurodov a fusillé Lionel Mpasi, et le Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta a basculé du côté ouzbek. 0-1. À Kinshasa, où l’horloge passait à peine minuit et demi, les salons se sont tus.
La suite a tenu du supplice. Au quart d’heure, Nathanaël Mbuku a cru égaliser, mais la VAR a effacé le but pour une faute en amont. Submergés, les Léopards ont longtemps eu la tête sous l’eau, sauvés par un Mpasi décisif sur une bourde de leur propre défense. À la pause, le tableau affichait toujours 0-1, un score qui, en l’état, renvoyait la RD Congo à la maison.
Avant la rencontre, Sébastien Desabre avait posé les mots justes. « Demain, c’est notre finale pour entrer dans l’histoire », avait lancé le sélectionneur. À la mi-temps, cette histoire menaçait de tourner court. Dans le vestiaire fermé à double tour, Desabre a tenu, selon le direct de BETO, une véritable messe. La RD Congo avait pourtant eu le ballon, près de 60 % de possession, sans jamais trouver la faille, butant sur un bloc ouzbek discipliné.
Le pays, lui, vivait la soirée à fleur de peau. « Déception ya Léopards eleki déception ya mobali », résumait un mot devenu viral que BETO relayait, manière de dire que la déception des Léopards dépasse celle d’un homme trahi. Tout le Congo veillait, entre angoisse et espérance.
Et puis il y a eu cette seconde période d’un tout autre calibre, celle où une équipe que rien n’avait épargnée depuis le coup d’envoi décide soudain qu’elle ne subira plus rien. Desabre a lancé Fiston Mayele à la place de Cédric Bakambu dès la 51e, et les Léopards ont poussé, encore et encore, jusqu’à faire reculer un bloc ouzbek qui n’avait plus que son but à défendre. À la 60e, l’arbitre a pointé le penalty. Wissa s’est avancé. Il a égalisé. 1-1. Atlanta a commencé à gronder.
Le sélectionneur a tout misé : triple changement à l’heure de jeu, Théo Bongonda, Ngal’ayel Mukau et Meschack Elia jetés dans la bataille pour aller chercher une victoire dont dépendait toute la campagne. La récompense est tombée à la 77e. Entré en jeu un quart d’heure plus tôt, Fiston Mayele a renversé la rencontre d’un but qui a fait basculer toute une soirée : 2-1, et les Léopards menaient pour la première fois depuis le coup d’envoi. Cinq minutes plus tard, Wissa s’offrait un doublé d’une frappe des vingt mètres. 3-1. Kinshasa a explosé.
Il a fallu tenir. Comme face au Portugal, Aaron Wan-Bissaka a sorti un match monumental, verrouillant son couloir jusqu’au coup de sifflet. Menés, malmenés, refusés par la VAR, les Léopards ont fini par plier un Ouzbékistan pourtant déjà éliminé.
Avec ce succès, la RD Congo grimpe à quatre points et se hisse, sauf cataclysme dans les autres groupes, parmi les huit meilleurs troisièmes qui rejoignent les seizièmes de finale. Cinquante-deux ans après le Zaïre de 1974, les Léopards n’avaient plus connu pareille marche.
Ils auront tremblé jusqu’au bout, fidèles à une vieille habitude. De la remontada de Ouaga 1998 aux nuits blanches de Kinshasa, cette sélection n’a jamais su gagner sans faire peur. Cette fois, la peur a fini en fête.