Moïse Bombito, fils du Congo, défenseur du Canada au Mondial 2026
Né à Montréal, racines congolaises, défenseur du Canada.

5 octobre 2025, à Nice. Sur un choc avec Folarin Balogun, Moïse Bombito sort sur civière, le tibia gauche fracturé. Huit mois plus tard, le défenseur figure sur la liste du Canada pour son Mondial à domicile. « Il n’est pas à cent pour cent, mais il a retrouvé sa vitesse de pointe, et chaque jour il devient plus fort », assure le sélectionneur Jesse Marsch, qui l’a maintenu dans ses vingt-six et le déclare disponible dès le match d’ouverture. « Il sera prêt à apporter sa contribution », ajoute-t-il.
Derrière le défenseur du Canada, il y a un fils de Kinshasa. Ses parents, Albert Bombito et Maguy Lumpungu, sont nés dans la capitale congolaise et ont quitté la RDC dans les années 1990 pour s’installer à Montréal. Moïse y naît le 30 mars 2000, deuxième d’une fratrie de trois, dans le quartier populaire de Saint-Laurent. Le français, langue de la maison, est sa langue maternelle, et son nom complet, Moïse Bombito Lumpungu, accole les patronymes de son père et de sa mère.
Le lien avec ce quartier, il le porte sur le dos. À l’OGC Nice, Bombito a choisi le numéro 64, celui de la ligne de bus de la Société de transport de Montréal qu’il empruntait, enfant, pour rejoindre les entraînements du CS Saint-Laurent, où il jouait alors attaquant. Le choix est un hommage revendiqué à ceux qui l’ont accompagné, une manière de ne pas oublier d’où il vient et de faire de ce 64 le nouveau numéro des jeunes du quartier.
Éligible aux Léopards de la RDC, que la Fédération congolaise de football suit de près sur le dossier des binationaux, Moïse Bombito a choisi le Canada, son pays de naissance, qui lui a offert sa première chance internationale. Il s’y est révélé lors de la Copa América 2024, disputée aux États-Unis : titulaire à tous les matchs, il a porté une équipe canadienne classée quatrième, sous les ordres de Jesse Marsch.
Sa trajectoire est celle d’un joueur qui a tout bâti sur le tard. Passé par le soccer universitaire américain puis les Rapids du Colorado, en Major League Soccer, il rejoint l’OGC Nice en août 2024 et s’impose en une saison comme titulaire en Ligue 1. La fracture d’octobre 2025 a menacé ce parcours, à quelques mois du rendez-vous le plus attendu de sa carrière.
Ce Mondial 2026, coorganisé par le Canada, Bombito le dispute sous le maillot rouge, à des milliers de kilomètres de Kinshasa. Fils du Congo par le sang et par la langue, joueur du Canada par le terrain, il appartient à cette génération de binationaux que la RDC a vue grandir ailleurs et qu’elle suit désormais de loin, entre fierté et regret.
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