RDC-Rwanda : à Addis-Abeba, un accord tripartite sur le rapatriement volontaire des réfugiés
Réunis à Addis-Abeba avec le HCR le 22 juin, la RDC et le Rwanda s’accordent sur le rapatriement volontaire des réfugiés : 196 289 Rwandais en RDC, 84 456 Congolais au Rwanda, 8 394 retours vers Kigali depuis 2025.
RDC-Rwanda : à Addis-Abeba, un accord tripartite sur le rapatriement volontaire des réfugiés
AFP
À Addis-Abeba, le 22 juin, la RD Congo, le Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont signé le communiqué conjoint d’une réunion tripartite de haut niveau sur le rapatriement volontaire des réfugiés. Le texte a été paraphé au nom du Rwanda par le ministre, général de division à la retraite, Albert Murasira, et au nom de la RDC par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani (communiqué relayé par Une.cd).
Les chiffres actés disent l’ampleur du dossier. La RDC accueille 196 289 réfugiés et demandeurs d’asile rwandais, dont 75 421 ont fait l’objet d’un enregistrement biométrique, tandis que 84 456 réfugiés et demandeurs d’asile congolais sont accueillis au Rwanda. Les trois parties ont réaffirmé leur attachement à un retour « volontaire, sûr, digne et éclairé », présenté comme « la pierre angulaire des solutions durables » et une contribution à la stabilité régionale.
Pour piloter le processus, les signataires ont adopté une feuille de route couvrant 2026 et 2027 et convenu de réunions transfrontalières trimestrielles, la première étant prévue en septembre 2026. Le HCR, qui accompagne les opérations, en assure le cadre technique.
Sur le terrain, les rapatriements ne concernent pour l’heure qu’un seul sens. Depuis janvier 2025, 8 394 personnes ont été rapatriées de la RDC vers le Rwanda, dont 2 347 sur la seule année 2026, et les parties se sont fixé un objectif de 10 000 retours volontaires en 2026. En mai, le HCR avait déjà rapatrié plus de 350 réfugiés rwandais depuis Goma, ville sous contrôle de l’AFC/M23 (Actualité.cd).
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Le retour des Congolais accueillis au Rwanda, lui, n’a pas encore commencé. Les parties ont convenu qu’à compter d’octobre 2026, la RDC désignerait des zones prioritaires de retour, sur la base d’enquêtes d’intention et d’informations sur les lieux d’origine fournies par la partie rwandaise. Autrement dit, le rapatriement des dizaines de milliers de Congolais du Rwanda reste, à ce stade, une perspective encadrée par un calendrier, non une réalité.
L’accord intervient dans un contexte lourd. La RDC et le Rwanda restent engagés dans un conflit par procuration à l’Est, où l’AFC/M23, soutenue par Kigali selon l’ONU, contrôle Goma et Bukavu. La question des réfugiés rwandais sur le sol congolais, et celle des FDLR, figurent au cœur des griefs avancés par Kigali, et donc des négociations de paix en cours à Doha et Washington. Le volet humanitaire d’Addis-Abeba avance ainsi en parallèle d’un processus politique, lui, toujours bloqué.
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