Société Task Force salubrité : un Comité de pilotage annoncé, et un rapport tous les quinze jours
Société

Task Force salubrité : un Comité de pilotage annoncé, et un rapport tous les quinze jours

Le Conseil des ministres du 31 juillet annonce la première réunion d’un Comité de pilotage institutionnel chargé d’évaluer la Task Force salubrité de Kinshasa. Aucun acte de création, aucune composition, aucune présidence n’ont été publiés. La même réunion impose à la coordination un rapport d’exécution toutes les deux semaines au chef de l’État.

Task Force salubrité : un Comité de pilotage annoncé, et un rapport tous les quinze jours
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 AOÛT 2026 - 23:26 WAT · 4 min de lecture

Un organe nouveau va apparaître dans le dispositif de salubrité de Kinshasa. Le Conseil des ministres a annoncé « la tenue, dans les tout prochains jours, de la première réunion du Comité de Pilotage Institutionnel dont le but sera d’évaluer les premières actions engagées et d’arrêter les ajustements nécessaires ». Aucun acte créant ce comité n’a été rendu public, et ni sa composition ni sa présidence n’ont été communiquées.

La même réunion, la 95e ordinaire, tenue le 31 juillet à Kaniama-Kasese dans le Haut-Lomami, a fixé une seconde obligation qui éclaire la première. Le chef de l’État a instruit « la coordination de la Taskforce de lui transmettre, toutes les deux semaines, un rapport d’exécution ». Deux canaux de reddition de comptes coexistent donc : un rapport bimensuel qui remonte directement à la présidence, et une instance collégiale d’évaluation dont la première séance reste à tenir.

Ce que l’architecture connue permet d’en dire

Le rattachement de la Task Force est explicite. Le compte rendu la décrit comme « placée sous son autorité directe pour conduire de manière coordonnée et permanente la lutte contre l’insalubrité dans la ville de Kinshasa ». Elle a été décidée le 30 mai et confiée au lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. Sa composition annoncée réunit des experts du Service national, du cabinet présidentiel, de six ministères, Intérieur, Défense nationale, Urbanisme et Habitat, Santé publique, Environnement, Infrastructures et Travaux publics, ainsi que l’Hôtel de ville de Kinshasa.

La réunion de cadrage du 9 juin a rassemblé un cercle plus large, la Première ministre, le directeur de cabinet du chef de l’État, le gouverneur Daniel Bumba et quatre ministres. Ce format est le plus proche de ce qu’un comité de pilotage institutionnel peut recouvrir, sans que le lien entre les deux ait été établi.

Sur le terrain, le dispositif compte près de cinq mille bâtisseurs et trente-quatre camions-bennes de trente tonnes. À côté, la ville dispose d’un instrument de nature différente, le Plan stratégique d’assainissement durable adopté en octobre 2025 pour la période 2026-2028, porté par l’exécutif provincial. Une instance de pilotage est le lieu où ces deux logiques se rencontrent, ou ne se rencontrent pas.

Trois questions que la première séance tranchera

La première porte sur l’autorité. Une Task Force décidée le 30 mai et relevant directement du chef de l’État ne se pilote pas comme un service ordinaire. Un comité qui évalue ses actions et arrête des ajustements exerce une fonction de contrôle, et la portée de cette fonction dépend de qui préside et de ce que l’acte de création lui donne comme pouvoir de décision. Le coordonnateur, le lieutenant-général Kasongo Kabwik, rend déjà compte à la présidence toutes les deux semaines.

La deuxième porte sur les indicateurs. Évaluer suppose une échelle. Le compte rendu ne cite aucun chiffre de référence, ni tonnage collecté, ni linéaire de caniveaux curés, ni nombre de sites traités. Les quatre failles que le chef de l’État avait identifiées fin mai, insuffisance d’anticipation, manque de coordination entre les services, lenteurs opérationnelles et déficit de discipline, forment un cahier des charges implicite, mais aucune ne se mesure sans donnée publiée.

La troisième porte sur le périmètre. Le compte rendu pose que « cette bataille ne peut être gagnée par la seule Task Force » et appelle les bourgmestres des vingt-quatre communes à s’approprier la cause. Un comité de pilotage qui n’associerait pas l’échelon communal laisserait hors de la table ceux à qui l’appel est adressé.

Deux mois séparent la décision du 30 mai de l’annonce faite le 31 juillet. Sa première séance dira si l’instance est un organe d’arbitrage, doté d’un acte et d’un pouvoir sur les cinq mille bâtisseurs et les trente-quatre camions déployés, ou une chambre de restitution qui prend acte des rapports transmis tous les quinze jours à la présidence. C’est la composition publiée qui donnera la réponse.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…