RDC : Tedros Adhanom alerte sur la progression rapide de l’épidémie d’Ebola
RDC : Tedros Adhanom alerte sur la progression rapide de l’épidémie d’Ebola
AFP
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, alerte sur la progression rapide de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). De retour d’une visite dans le pays, où il a rencontré le président Félix Tshisekedi, il a salué l’engagement des autorités dans la riposte, tout en se montrant particulièrement préoccupé par l’évolution de la situation.
Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 12 août à Genève, le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a présenté les données disponibles sur l’épidémie. Selon lui, celle-ci a déjà enregistré 4 449 cas confirmés et 2 061 décès dans cinq provinces et 53 zones de santé.
À l’en croire, si la tendance actuelle se poursuit, l’épidémie pourrait devenir la flambée d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée, dépassant celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
« La course contre le virus a commencé avec plusieurs longueurs de retard et l’épidémie a pris une avance considérable. Elle est toujours loin devant nous et nous essayons de la rattraper », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Déclarée officiellement le 15 mai, cette flambée s’est rapidement étendue. L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie, avec environ 90 % des cas et 80 % des décès. La transmission demeure notamment active à Bunia, Rwampara, Nizi et Lita.
Une épidémie détectée tardivement
Pour l’OMS, l’un des principaux défis réside dans le fait que le virus aurait circulé pendant plusieurs mois avant la déclaration officielle de l’épidémie. Des enquêtes épidémiologiques et génétiques sont en cours afin de reconstituer les premières chaînes de transmission et de mieux comprendre la propagation du virus.
Cette détection tardive aurait permis à la maladie de s’installer dans plusieurs communautés avant le déploiement de la riposte. Mais au-delà des chiffres officiellement recensés, l’OMS s’inquiète surtout des cas qui échappent encore au système de surveillance.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a notamment insisté sur la proportion importante de décès enregistrés au sein des communautés plutôt que dans les centres de traitement. Certains décès surviennent en dehors des chaînes de transmission déjà identifiées, ce qui laisse penser que des filières de contamination restent encore inconnues.
Pour le directeur général de l’OMS, cette « partie immergée » de l’épidémie constitue l’un des principaux obstacles à la riposte. Tant que ces chaînes de transmission ne seront pas identifiées et interrompues, le virus continuera de circuler au sein des communautés.
La mobilisation des communautés au cœur de la riposte
Face à cette situation, l’OMS estime que la lutte contre Ebola ne peut pas reposer uniquement sur les centres de traitement. L’implication des communautés est désormais essentielle pour détecter rapidement les cas et interrompre les chaînes de transmission.
La sensibilisation des populations, le signalement rapide des cas suspects, le respect des mesures de prévention et la collaboration avec les équipes sanitaires figurent parmi les actions jugées indispensables pour freiner la propagation du virus.
Alors que la RDC fait face à sa dix-septième épidémie d’Ebola depuis 1976, les autorités nationales et leurs partenaires internationaux tentent d’accélérer les opérations de surveillance, de détection et de prise en charge.
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’enjeu des prochaines semaines sera surtout de rattraper le retard pris dans la détection des cas et d’identifier les chaînes de transmission encore inconnues. La capacité à gagner la confiance des communautés et à interrompre ces chaînes sera déterminante pour empêcher l’épidémie de prendre une ampleur encore plus importante.
Silas MUNGINDA
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