Le franc à 2 261,80 pour un dollar, le budget 2027 calculé sur 2 413,70
Le franc congolais s’apprécie de 0,07 % sur la semaine et s’établit à 2 261,8000 francs pour un dollar au 4 septembre. Le cadrage du budget 2027 retient 2 413,7 francs, celui de la loi de finances 2026 en retenait 2 467. Chaque dollar de recette rapporte 205,20 francs de moins que prévu.
Le franc à 2 261,80 pour un dollar, le budget 2027 calculé sur 2 413,70
AFP
Le franc congolais s’est apprécié de 0,07 % en une semaine face au dollar américain. Le cours indicatif publié par la Banque centrale du Congo s’établit à 2 261,8000 francs pour un dollar ce vendredi 4 septembre 2026, contre 2 263,43 francs une semaine plus tôt. « Le franc congolais s’établit à 2.261,8000 CDF pour un dollar américain à l’indicatif ce vendredi 4 septembre 2026 », rapporte l’Agence congolaise de presse à partir des statistiques de l’institut d’émission.
Le même relevé donne une baisse de 0,09 % sur un jour et de 0,10 % sur deux jours. Les autres devises cotées ce jour par la Banque centrale s’établissent à 2 625,7500 francs pour un euro, 3 053,4100 francs pour une livre sterling et 336,9000 francs pour un yuan.
Le budget 2027 est calculé sur 2 413,70 francs
Ce niveau est à comparer à celui que l’État a retenu pour bâtir ses prévisions. Le cadrage macroéconomique de l’avant-projet de loi de finances 2027, arrêté avec le Fonds monétaire international et publié dans la circulaire du ministère du Budget du 15 juin, fixe le taux de change moyen de l’exercice à 2 413,7 francs pour un dollar. C’est 6,7 % au-dessus du cours de ce vendredi.
L’écart est encore plus large sur l’exercice en cours. L’exposé des motifs de la loi de finances n° 25/060 du 29 décembre 2025 retient pour 2026 un taux de change moyen de 2 467,0 francs et un taux de fin de période de 2 634,1 francs. Le collectif budgétaire de juin a ramené l’estimation à 2 290,0 francs. Le cours du 4 septembre est inférieur de 205,20 francs au taux moyen inscrit dans la loi initiale, soit 8,3 % de moins.
Cet écart n’est pas neutre pour les recettes. Une part importante de ce que perçoit l’État est assise sur des bases libellées en dollars, à commencer par la redevance minière et les droits de douane. Converti à 2 261,80 francs plutôt qu’à 2 467, chaque dollar de recette rapporte 205,20 francs de moins au Trésor. Le tableau du cadre budgétaire à moyen terme assigne aux trois régies financières 39 637,8 milliards de francs de recettes courantes pour 2027, contre 33 025,0 milliards inscrits au vote 2026.
Stable sur la semaine, en repli depuis janvier
La lecture change selon la fenêtre retenue. Sur un an, le franc s’est nettement renforcé : le 19 septembre 2025, il fallait 2 754 francs pour acheter un dollar au taux indicatif. Il en faut 2 261,80 aujourd’hui, soit une appréciation de 17,9 % en un peu moins de douze mois.
Sur l’année civile en cours, la direction est inverse. La note hebdomadaire de la Banque centrale pour la semaine du 7 au 14 août relève « en cumul annuel, le franc congolais affiche des dépréciations de 3,72 % à l’indicatif et de 1,16 % au parallèle ». Le cours de ce vendredi, à 2 261,80 francs, se situe 0,17 % en dessous des 2 265,56 francs du 13 août, ce qui réduit légèrement ce repli sans l’effacer.
Les deux lectures ont chacune été mobilisées cette année. Le communiqué du ministère du Budget accompagnant le collectif budgétaire de juin affirmait que « le franc congolais poursuit son appréciation face au dollar américain, soutenu notamment par la bonne tenue des cours du cuivre et du cobalt sur les marchés internationaux ». La Banque centrale, elle, comptabilise depuis janvier une dépréciation.
L’inflation cumulée atteint 6,653 %
La série des prix publiée par l’Institut national de la statistique et reprise par la Banque centrale, arrêtée au 29 août, donne trois mesures qui ne disent pas la même chose. En glissement annuel, l’inflation s’établit à 3,360 %. Sur la semaine, à 0,175 %. En cumul depuis le 1er janvier, à 6,653 %.
C’est cette troisième mesure qui compte pour l’exercice budgétaire. Le collectif budgétaire promulgué en août retient, pour l’année entière, une inflation maîtrisée à 3,5 % en moyenne annuelle. Les prix ont déjà progressé de près du double de cette cible, à quatre mois de la clôture de l’exercice. Le cadrage 2027 anticipe d’ailleurs une inflation moyenne de 6,4 %, puis de 7,0 % en 2028 et 2029.
Le chef de mission du Fonds monétaire international pour la RDC, Calixte Ahokpossi, avait signalé le risque en mai, à l’issue de la mission de revue de Kinshasa : « L’inflation annuelle est restée contenue à 2,5 % ou en deçà depuis octobre 2025, bien en dessous de l’objectif de 7 %, mais pourrait augmenter dans les prochains mois à la suite de la hausse des prix des carburants due aux répercussions du conflit au Moyen-Orient. »
Un taux directeur à 12,50 % jusqu’au 8 octobre
La politique monétaire n’a pas changé depuis l’été. Réuni le 17 juillet, le comité de politique monétaire a décidé d’« abaisser le taux directeur de 100 points de base, passant de 13,5 % à 12,5 % et le taux sur la facilité de prêt marginal qui passe de 17,5 % à 16,5 % », selon le communiqué n° 03/2026 signé par le gouverneur André Wameso. Les coefficients de la réserve obligatoire ont été maintenus, et une maturité de 252 jours a été introduite pour le Bon BCC.
Les taux affichés ce 4 septembre sont ceux de cette décision : 12,50 % pour le prêt par adjudications, 16,50 % pour le prêt marginal, 14,00 % pour l’interbancaire. Le comité se réunit de nouveau le 8 octobre.
À fin juin, les réserves internationales atteignaient 8 184,61 millions de dollars, soit 3,12 mois de couverture des importations de biens et services, après une accumulation trimestrielle de 477,30 millions. La stabilité du change reste le principal acquis que revendique l’exécutif, dans un exercice où les dépenses ont progressé deux fois plus vite que les recettes. « Nous avons passé en revue la situation de la conjoncture économique, qui demeure stable et continue de se renforcer, notamment grâce à la stabilité de notre monnaie », déclarait le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi devant le comité de conjoncture économique du 17 juin.
Le cours parallèle mis en ligne s’arrête au 8 juillet
Le cours indicatif ne mesure qu’une partie du prix du dollar dans le pays. L’autre mesure est le tableau des cours parallèles, que la Direction des opérations bancaires et des marchés publie ville par ville et qui donne le prix du billet vert hors circuit bancaire. C’est l’écart entre les deux qui indique si la stabilité affichée est celle du marché ou celle de la cotation.
Sur le site de la Banque centrale, dont le gouverneur a lancé la nouvelle version le 14 août, la page consacrée aux cours parallèles compte 545 relevés. Le plus récent est daté du 8 juillet 2026. Le cours indicatif, lui, est mis à jour chaque jour ouvrable.
Le dernier relevé parallèle rapproché du cours officiel, début août, situait le dollar à 2 310,56 francs à l’achat et 2 327,78 à la vente à Kinshasa, soit près de 3 % au-dessus du cours indicatif, et jusqu’à 2 400 francs au cours vendeur à Bandundu. Deux villes manquent à ce tableau depuis 2025 : Goma et Bukavu n’y sont plus cotées depuis le 27 janvier et le 4 février de cette année-là.