Éducation & Formation RDC: paie de proximité et encadrement des prêts, ce que les provinces ont recommandé pour améliorer le secteur éducatif

RDC: paie de proximité et encadrement des prêts, ce que les provinces ont recommandé pour améliorer le secteur éducatif

La Conférence des ministres provinciaux de l'Éducation a clos ses travaux le 27 août. Calendrier scolaire adapté en zone de crise, paiement de proximité et encadrement des prêts aux enseignants.

RDC: paie de proximité et encadrement des prêts, ce que les provinces ont recommandé pour améliorer le secteur éducatif
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 29 AOÛT 2026 - 14:41 WAT · 5 min de lecture

À l’issue de deux jours de travaux, la Conférence des ministres provinciaux en charge de l’Éducation a adopté le 27 août 2026 une série de recommandations destinées à renforcer le fonctionnement du secteur et à garantir la continuité des apprentissages dans les zones confrontées aux crises sécuritaires et sanitaires.

Les responsables provinciaux étaient réunis à Kinshasa les mercredi 26 et jeudi 27 août 2026, au Pullman Hôtel, sous la présidence de la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga. Ces assises se sont tenues dans le cadre de la Revue annuelle des performances 2026, sur le thème « Une gouvernance éducative plus efficace : clarifier les responsabilités, accélérer les réformes, réussir la rentrée ». Les participants y ont examiné les difficultés rencontrées dans leurs provinces et les réponses à apporter pour assurer la continuité des enseignements.

Parmi les recommandations adoptées le 27 août figure l’adaptation exceptionnelle du calendrier scolaire dans les zones fortement affectées par les crises, en tenant compte des interruptions de cours et des contraintes sécuritaires. Les participants recommandent également le développement de solutions pédagogiques adaptées aux zones touchées par des situations d’urgence ou difficiles d’accès, ainsi que la mise à disposition de manuels scolaires numériques et de ressources pédagogiques accessibles hors ligne.

Des mesures pour faciliter la paie des enseignants

La question de la paie a occupé une place importante dans les travaux des 26 et 27 août. Les participants ont relevé que certains enseignants parcourent de très longues distances pour percevoir leur salaire auprès des agences de paiement, situation qui peut entraîner des absences prolongées et perturber le déroulement normal des cours. La conférence recommande donc de poursuivre la décentralisation du système de paiement et d’étudier la mise en place de mécanismes de paiement de proximité.

Il est également proposé de partager les expériences en matière de paiement et de gestion des enseignants avec les écoles consulaires ainsi qu’avec les systèmes existant à Bujumbura, au Burundi, et à Kigoma, en Tanzanie.

Encadrer les pratiques de crédit

Les travaux ont mis en évidence l’existence de pratiques de crédit ou de prêts proposés aux enseignants par certains agents de paiement. Selon les participants, ces mécanismes, lorsqu’ils sont assortis de taux d’intérêt élevés, peuvent exposer les enseignants à un endettement accru. La conférence recommande de renforcer la réglementation et la supervision des mécanismes financiers proposés aux enseignants, afin de mieux protéger leurs revenus. Ni le nombre d’enseignants concernés, ni les taux pratiqués, ni les agences visées ne sont précisés.

Un chantier de paie déjà ouvert

Ces recommandations arrivent sur un terrain déjà travaillé. Le 12 août 2026, le directeur national de la Direction nationale de contrôle, de préparation de la paie et de maîtrise des effectifs, Vital Lumbala Kadiata, annonçait la régularisation de la situation de 24 296 enseignants au titre de la prime de gratuité, instaurée au dernier trimestre de 2021 après les revendications des syndicats.

La question reste vive à quelques jours de la rentrée. Le Syndicat des enseignants du Congo a tenu son assemblée générale le 26 août à son siège national de Matonge, le jour même de l’ouverture de la conférence, et posé six exigences pour l’année scolaire qui s’ouvre. Dans le Maï-Ndombe, les enseignants d’Inongo ont menacé de ne pas assurer la rentrée faute de paiement de leurs arriérés. Les recommandations adoptées le 27 août ne créent pas de mécanisme nouveau : elles demandent de poursuivre une décentralisation déjà engagée et d’étudier des dispositifs de proximité, sans calendrier ni chiffrage.

Transformer les recommandations en actions concrètes

Pour Raïssa Malu Dinanga, ces recommandations doivent dépasser le cadre des assises et se traduire par des actions concrètes sur le terrain. La conférence a permis « d’entendre les réalités de vos provinces », a déclaré la ministre d’État le 27 août, et « de faire connaître les initiatives qui fonctionnent ». Elle a insisté sur la nécessité de distinguer les questions relevant des compétences provinciales, celles nécessitant l’intervention du gouvernement central et celles qui doivent être traitées conjointement.

Les recommandations adoptées devront guider les actions du secteur au cours de l’année scolaire 2026-2027, avec pour objectif d’améliorer les conditions d’apprentissage, d’accompagner les enseignants et de garantir la continuité de l’éducation, y compris dans les zones confrontées aux crises sécuritaires et sanitaires. La rentrée scolaire est fixée au mardi 1er septembre 2026.

Christian T. ÉZÉCHIEL

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