Le 17 juin, la tête de Yoane Wissa a fait vibrer la RDC sur quatre écrans : la tribune de Tshisekedi à Houston, le terrain, les rues de Kinshasa et un camp de réfugiés au Burundi. Immersion d'une nuit.
Estadio Akron de Guadalajara, 31 mars 2026. À la 100e minute du barrage intercontinental, un défenseur né en Angleterre et naturalisé congolais en 2024 surgit au second poteau et envoie son pays au Mondial cinquante deux ans après le Zaïre 1974. Récit d'une nuit, de la clameur qui s'est répandue de Kinshasa à Matonge Bruxelles, et de ce que ce Mondial peut, peut être, vraiment changer.
Les Léopards ne sont pas arrivés au Mondial par une autoroute. Ils ont pris la route étroite, celle des barrages, des matchs sans lendemain, des prolongations, des tirs au but, des corners de dernière minute et des nerfs mis à l’épreuve. Cameroun, Nigeria, Jamaïque : trois obstacles, trois combats, trois preuves que cette génération avait appris à ne plus tomber au premier tremblement.
Avant le but, il y a eu la méthode. Avant Guadalajara, il y a eu des mois de travail, de choix, de cadres installés, de binationaux convaincus, de vestiaire reconstruit et de matchs traversés sous pression. Avec Sébastien Desabre, les Léopards n’ont pas seulement gagné des barrages : ils ont retrouvé une idée d’équipe.
Pour leur ultime répétition avant la Coupe du monde 2026, les Léopards se sont inclinés 1-2 face au Chili à Orléans. Un revers en trompe-l’œil qui confirme leurs deux visages : solidité défensive, attaque en panne. Le résumé et les notes des joueurs.
Pour leur dernier test avant le Mondial 2026, les Léopards de la RDC et le Chili se quittent sur un score nul et vierge (0-0) à la mi-temps, à huis clos au Stade de la Source d’Orléans.
Après 1974, les Léopards disparaissent du Mondial. Pas du football africain. Pas de la passion populaire. Pas de l’imaginaire congolais. Mais de la plus grande scène mondiale, oui. Pendant 52 ans, la RDC regarde les autres y aller. L’absence devient une habitude, puis une douleur, puis une question : comment un pays avec autant de talent a-t-il pu attendre aussi longtemps ?
Avant d’être un traumatisme, 1974 fut une conquête. Les Léopards du Zaïre n’étaient pas arrivés au Mondial par hasard : ils étaient champions d’Afrique, portés par une génération forte, et venaient d’ouvrir une voie pour toute l’Afrique subsaharienne. Mais en Allemagne de l’Ouest, l’histoire bascule. Trois matchs, trois défaites, une image mondiale abîmée. Cinquante-deux ans plus tard, il faut raconter ce dernier Mondial autrement : avec lucidité, mais aussi avec dignité.
Ils étaient nombreux à ne connaître le Mondial des Léopards que par les récits des anciens, les images en noir et blanc, les archives de 1974 et les blessures transmises de génération en génération. Cinquante-deux ans plus tard, la RDC retrouve la Coupe du monde. Ce retour n’efface pas le passé. Il le prolonge, le répare peut-être, et ouvre une nouvelle page de l’histoire congolaise.
Donnée à moins de 1 % sur Polymarket, la RDC championne du monde 2026 fait le buzz. Entre fierté congolaise, troll nigérian et « meme trade », un pari à 0,1 % sur les Léopards enflamme les réseaux avant le Mondial.