Politique Tensions politiques autour du retour de Kabila à Goma : Kinshasa met en garde
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Tensions politiques autour du retour de Kabila à Goma : Kinshasa met en garde

Joseph Kabila, ancien président de la RDC
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 27 MAI 2025 - 21:05 WAT · 3 min de lecture

Lors d’un briefing presse conjoint ce mardi 27 mai à la RTNC, les ministres Julien Paluku, en charge du Commerce extérieur, et Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, ont exprimé leur vive préoccupation face au retour de Joseph Kabila à Goma, un événement qu’ils jugent lourd de sous-entendus politiques.

Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu, a ouvertement mis en doute la portée réelle de cette visite. « Je me pose la question : est-ce réellement lui à Goma ou juste son ombre ? », a-t-il lancé, insinuant que la présence de l’ancien président pourrait relever davantage d’une mise en scène politique que d’un geste sincère. Il a rappelé son engagement de longue date contre les rébellions dans l’Est du pays, évoquant les risques d’un retour aux heures sombres de l’instabilité régionale.

Le ministre a aussi exprimé son malaise face à l’entourage de Kabila, qu’il décrit comme composé de figures autrefois engagées dans des actions hostiles à l’État. « Je vois cet homme-là entouré de ceux qui ont pris les armes contre la République. C’est troublant », a-t-il affirmé.

Patrick Muyaya, quant à lui, a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de raviver des tensions historiques à un moment critique pour la paix nationale. « Venir parler aujourd’hui de fin de tyrannie, c’est envoyer un message dangereux aux populations de Goma et d’ailleurs », a-t-il averti, en allusion à certaines prises de parole jugées incendiaires. Pour lui, il s’agit là d’une forme de réécriture de l’histoire, au moment même où le pays tente de tourner la page des conflits.

Le ministre de la Communication a réitéré l’engagement du gouvernement à poursuivre les efforts de pacification dans l’Est sous la direction du président Félix Tshisekedi, appelant à « l’unité nationale » et à rejeter toute tentative de division. « Les Congolais n’ont plus besoin du passé de guerre, de corruption, ni de compromissions avec le Rwanda. Il est temps de nous unir pour vaincre les supplétifs du Rwanda », a-t-il martelé.

Pendant ce temps, Joseph Kabila, resté discret depuis son arrivée à Goma, devrait entamer dès ce mercredi 28 mai une série de consultations avec différents acteurs de la société : leaders religieux, organisations de la société civile et figures de l’opposition non armée. Son objectif déclaré : écouter les préoccupations de la population face à la crise sécuritaire persistante.

Si certains y voient une démarche de réconciliation, d’autres y décèlent une tentative de repositionnement politique de l’ancien président dans un contexte national encore instable. Homme de paix ou stratège en quête de renouveau ? Le mystère reste entier, alimentant un débat de plus en plus polarisé.

Gilbert N.

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