Ituri : 43 civils tués en six jours par les ADF à Mambasa et Irumu
Quinze villages attaqués, 53 maisons incendiées et 43 civils tués entre le 27 août et le 1er septembre. La rentrée scolaire est compromise dans les localités touchées, et aucune réaction officielle n'a été enregistrée.
Axe routier Beni-Mambasa, décembre 2021.
Radio Okapi/Ph. Marc Maro Fimbo.
AFP
Au moins 43 civils ont été tués entre le 27 août et le 1er septembre dans le territoire de Mambasa, en Ituri, lors d’attaques attribuées aux ADF. Le bilan provisoire dressé par les organisations de défense des droits de l’homme fait également état de quinze villages attaqués, de 53 maisons incendiées et de pillages.
Quinze villages, deux territoires
Les localités touchées à Mambasa sont Biamu, Mabakufa, Amani, Mahihi, Pangoite, Lelesi et Kalongo. Les incursions se sont ensuite étendues au territoire voisin d’Irumu, à Bandikafu, Bamande et Bandeseibo. Aucune réaction officielle des autorités compétentes n’a été enregistrée sur ces attaques.
Le déplacement des familles vers des zones jugées plus sûres a compromis la rentrée scolaire du 1er septembre. Parents, enseignants et élèves ayant fui, plusieurs établissements sont restés fermés. Les organisations locales demandent le renforcement de la sécurité pour permettre le retour des déplacés et la reprise des cours.
Ce que le bilan est devenu en une semaine
Le 27 août, au premier jour de cette séquence, le décompte disponible était de seize morts. Six jours plus tard, il a été multiplié par près de trois. Le rythme s’inscrit dans une série continue sur ce territoire : dix fidèles avaient été tués en pleine veillée de prière à Mambasa au début du mois d’août, et plus de cinquante civils avaient péri en juillet dans des attaques à Mangina et à Mambasa.
La société civile de Mambasa avait déjà dénoncé publiquement ce qu’elle qualifiait de passivité des forces armées face à ces incursions. Le mode opératoire, lui, ne varie pas : attaques nocturnes contre des villages sans garnison, exécutions à l’arme blanche, incendies d’habitations, puis retrait.
À Bamande, la MONUSCO installe une base mobile
L’un des villages de la liste a fait l’objet d’une opération distincte. Le 31 août, des combats de deux heures ont opposé les forces armées congolaises et ougandaises aux ADF à Bandikafu, à environ un kilomètre et demi de Bamande, dans le territoire d’Irumu. Le bilan communiqué est de deux militaires congolais tués, cinq présumés ADF appréhendés et une maison incendiée, sans victime civile confirmée.
La MONUSCO indique avoir dépêché deux équipes de réaction rapide de son contingent indonésien basé à Komanda et installé une base opérationnelle mobile à Bamande. C’est le troisième déploiement mobile annoncé par la mission en Ituri depuis le mois de mars, après ceux de Djugu et d’Irumu.
Ces bases relèvent d’une posture de présence temporaire, non d’une occupation permanente du terrain. Elles se déploient après l’attaque, sur des axes où la Mission dispose des moyens de s’installer, et pour une durée qui n’est pas annoncée. Les quinze villages frappés entre le 27 août et le 1er septembre n’en abritent aucune.
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