Économie MIBA : la recapitalisation à 60,7 millions de dollars bloquée par un contentieux d’actionnaires

MIBA : la recapitalisation à 60,7 millions de dollars bloquée par un contentieux d’actionnaires

L'État détient 80 % de la Minière de Bakwanga, ASA Resources 20 %. L'actionnaire minoritaire n'a pas versé ses 12 millions de dollars à la date limite du 27 août et a saisi le tribunal de commerce. Les travailleurs réclament huit mois d'arriérés.

MIBA : la recapitalisation à 60,7 millions de dollars bloquée par un contentieux d’actionnaires
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 SEPTEMBRE 2026 - 13:40 WAT · 3 min de lecture

La recapitalisation de la Minière de Bakwanga est bloquée par un désaccord entre ses deux actionnaires. L’augmentation de capital porte sur 137,54 milliards de francs congolais, soit environ 60,7 millions de dollars. L’État, qui détient 80 % de la société, en assume la plus grande part. ASA Resources Group, qui en détient 20 %, doit apporter 27,508 milliards de francs, environ 12 millions de dollars, et ne l’a pas fait à la date limite de souscription du 27 août.

Quatre conditions posées avant tout versement

L’actionnaire minoritaire subordonne son apport à quatre préalables : un audit général, un inventaire du patrimoine, l’intervention d’un cabinet indépendant et une amélioration de la gouvernance. Il demande également la révision du plan de relance. À défaut d’apport, sa participation serait diluée.

Le litige porte sur l’assemblée générale extraordinaire du 21 mai 2026, qui a décidé l’augmentation de capital. ASA Resources a saisi le tribunal de commerce de Kinshasa-Gombe. Son conseil est Me Emedi Useni Ahmed.

Un plan de relance à 70 millions dont 9,3 ne sont pas bouclés

La recapitalisation s’inscrit dans un plan de relance de la MIBA chiffré à environ 70 millions de dollars. Environ 9,3 millions de son montage financier ne sont pas couverts. Le blocage de l’apport minoritaire ajoute 12 millions à ce trou.

L’entreprise n’en est pas à son premier plan. Le chef de l’État avait déclaré avoir apporté 50 millions de dollars pour relancer la MIBA, et le gouvernement avait payé 1,5 million pour remettre en état l’un de ses trois barrages. La production de diamant y a connu plusieurs arrêts pluriannuels.

Huit mois d’arriérés, et plus de deux cents mois cumulés

Le 14 août, les travailleurs de la MIBA ont organisé un sit-in pour réclamer leurs arriérés de salaires. Ils font état de huit mois impayés couvrant la période de janvier à août 2026, qui s’ajoutent à un passif historique dépassant deux cents mois cumulés. La même revendication de huit mois d’arriérés avait déjà été portée par les travailleurs affiliés il y a plusieurs années.

La MIBA emploie à Mbuji-Mayi dans une province où l’exploitation artisanale du diamant a pris le relais de l’entreprise publique. Ce que le contentieux entre l’État et son actionnaire minoritaire suspend n’est donc pas seulement un apport de 12 millions de dollars : c’est le calendrier d’un salaire.

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