RDC : l’UDPS saisit le parquet général contre des individus se réclamant de la « Force du Progrès »
L'UDPS affirme, dans une déclaration filmée parvenue à BETO, avoir saisi le parquet général près la Cour de cassation contre des individus se réclamant de la « Force du Progrès ».
RDC : l’UDPS saisit le parquet général contre des individus se réclamant de la « Force du Progrès »
AFP
KINSHASA — L’UDPS annonce avoir saisi le parquet général près la Cour de cassation contre des individus qui se réclament de la « Force du Progrès » et commettent des infractions. Dans une déclaration filmée, le parti présidentiel prend ses distances avec un mouvement que ses détracteurs présentent comme une milice.
L’avocat-conseil du parti, présenté aux côtés du secrétaire général Augustin Kabuya, explique avoir choisi cette juridiction parce qu’elle est compétente sur l’ensemble du territoire, et pas seulement à Kinshasa. Selon lui, des individus agissent au nom de la « Force du Progrès » alors qu’ils n’y appartiennent pas, et commettent des dégâts dans la capitale comme en provinces ; ceux qui se réclament du mouvement sans en faire partie devront, dit-il, répondre devant la justice.
La « Force du Progrès » est une structure de mobilisation proche de l’UDPS, au statut flou : tantôt décrite comme une branche de la ligue des jeunes du parti, tantôt désavouée par la direction quand des violences lui sont imputées. Plusieurs voix de l’opposition, de la société civile et de l’Église la décrivent comme une milice qui quadrille des communes de Kinshasa. Le parti rejette cette lecture et attribue les débordements à des éléments incontrôlés.
La démarche intervient après une série d’incidents. Le samedi 20 juin, des militants se réclamant de la « Force du Progrès » ont occupé sans autorisation le parvis de l’archevêché de Kinshasa et y ont apposé des insignes de l’UDPS, avant l’intervention de la police. Dans un communiqué signé par le secrétaire-chancelier, l’abbé Clet-Clay Mamvemba, l’archidiocèse a dénoncé une atteinte « au respect dû aux institutions ecclésiastiques, à la sacralité des lieux de culte et aux principes fondamentaux du vivre-ensemble ». Le texte affirme que, sommés de partir, les occupants « ont proféré des injures et des menaces envers les autorités de l’Église ».
Le mouvement est aussi cité dans les violences du sit-in de l’opposition du 12 juin au Palais du peuple, sur fond de climat de tension autour de la révision constitutionnelle. La commission Justice et Paix de la CENCO, dans un rapport rendu public le 15 juin, fait état d’au moins deux morts et de plusieurs blessés, et met en cause la « Force du Progrès ». Le parquet a, de son côté, annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour établir les responsabilités. Augustin Kabuya a rejeté le 13 juin les accusations visant le mouvement et contesté ce bilan, dénonçant une « stratégie de provocation ».
La saisine annoncée par l’UDPS prolonge une ligne fluctuante de sa direction, au cœur de la bataille constitutionnelle. Fin mai, Augustin Kabuya avait publiquement recadré la « Force du Progrès » et convoqué l’un de ses responsables ; à la mi-juin, il défendait le mouvement face aux accusations de l’opposition.
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