Taux directeur à 13,5 % en clair : pourquoi la Banque centrale du Congo rend le crédit moins cher, et ce que ça change
La BCC a abaissé son taux directeur à 13,5 %. Ce que cela veut dire, ce que ça peut changer pour le crédit des entreprises et des ménages, et les limites de la mesure, en clair.
Taux directeur à 13,5 % en clair : pourquoi la Banque centrale du Congo rend le crédit moins cher, et ce que ça change
AFP
Le 9 avril 2026, la Banque centrale du Congo a ramené son taux directeur de 15 % à 13,5 %. Le geste vise un résultat très concret : rendre l’argent moins cher pour soutenir l’économie. Le point sur ce que cette baisse change, et sur pourquoi elle intervient maintenant.
Le taux directeur est le taux d’intérêt de référence auquel la Banque centrale du Congo prête aux banques commerciales. Ces banques s’en servent ensuite pour fixer le coût des crédits qu’elles accordent aux entreprises et aux ménages. En abaissant ce taux, la BCC cherche à rendre le refinancement des banques moins coûteux, afin de les inciter à prêter davantage à l’économie réelle.
La baisse d’avril prolonge un mouvement entamé fin 2025. Le taux est passé de 25,0 % à 17,5 % en octobre 2025, puis à 15,0 % le 8 janvier 2026, avant les 13,5 % d’avril. Ce desserrement répond au reflux de l’inflation. À fin décembre 2025, la hausse des prix était retombée à 2,27 % sur un an, contre 11,69 % un an plus tôt, sous la cible de moyen terme de 7,0 %. La croissance, elle, est restée robuste, à 5,6 % en 2025 après 6,7 % en 2024.
Le gouverneur de la BCC, André Wameso, a posé le cadre lors de la réunion du Comité de politique monétaire du 8 janvier 2026. « Pour l’année 2026, le Comité de politique monétaire projette une évolution maîtrisée du rythme de formation des prix au cours des douze prochains mois », a-t-il indiqué, en tablant sur une stabilisation du taux de change et une croissance économique robuste.
Pour le citoyen comme pour l’entreprise, l’intérêt est là. En clair, un taux directeur plus bas ouvre la voie à un crédit moins cher. Les entreprises pourraient se financer à moindre coût. Les ménages bénéficieraient d’un accès plus aisé au crédit, pour le logement, le commerce ou la consommation. La BCC en attend une relance de l’investissement et, à terme, de l’emploi, ainsi qu’une meilleure circulation de la monnaie. Ces effets restent conditionnels : ils dépendent du choix des banques de répercuter, ou non, la baisse sur leurs barèmes.
Cette détente est rendue possible par la santé retrouvée du franc. Au 31 décembre 2025, un dollar valait 2.181,39 francs sur le marché interbancaire et 2.309,38 au parallèle, soit une appréciation de 30,44 % et de 24,09 % par rapport à fin 2024. Les réserves de change, elles, se sont reconstituées. « Les réserves internationales ont enregistré une hausse de 1.734,60 millions de USD pour atteindre 7.886,61 millions de USD à fin décembre 2025, correspondant à une couverture de trois mois d’importations de biens et services », a fait savoir André Wameso.
La BCC avance toutefois en gardant un frein. Les coefficients de réserve obligatoire, la part des dépôts que les banques doivent immobiliser à la Banque centrale, sont restés inchangés en janvier. Le but : éviter une libération excessive de liquidités. La banque elle-même parle d’un assouplissement maîtrisé, et non d’un relâchement total. Sa fonction reste la stabilité, comme l’avait résumé Wameso en octobre 2025 : « C’était une façon d’envoyer un message ; la Banque centrale est là. S’il y a surchauffe, la BCC a la capacité de pouvoir réguler pour stabiliser. »
Reste l’essentiel, qui se jouera dans les agences bancaires : la baisse du taux directeur ne profite à l’économie réelle que si elle atteint le coût réel du crédit. Dans un pays encore largement dollarisé et faiblement bancarisé, cette transmission n’a rien d’automatique.
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