À Houston, Tshisekedi a tout vécu : la peur, l’attente, la délivrance
À Houston, Tshisekedi a tout vécu : la peur, l’attente, la délivrance
AFP
Il n’avait rien d’un chef d’État ce mardi soir, dans la tribune d’honneur du NRG Stadium de Houston. Pas de costume, pas de protocole figé : Félix Tshisekedi avait passé le maillot bleu ciel des Léopards, casquette blanche vissée sur la tête, comme n’importe quel supporter venu vivre le retour de la RD Congo en Coupe du monde, 52 ans après. À ses côtés, son épouse Denise Nyakeru, l’un de ses fils, et deux des hommes les plus puissants du football mondial : le président de la FIFA, Gianni Infantino, et celui de la CAF, Patrice Motsepe.
Pendant quatre-vingt-dix minutes, le président a tout vécu, sans filtre. Le sourire des premières minutes, quand les Léopards entraient dans leur histoire. Puis, dès la 6e minute, le visage qui se ferme : João Neves vient d’ouvrir le score pour le Portugal, et l’on devine, dans les gradins, la même crispation que dans tout un pays. La première période sera longue, anxieuse, ponctuée de regards inquiets vers la pelouse.
Et puis la délivrance. Quand Yoane Wissa surgit de la tête pour égaliser juste avant la pause, la tribune d’honneur explose. Le chef de l’État bondit, euphorique, emporté par la même vague d’émotion que la diaspora massée dans le stade et que les millions de Congolais rivés à leurs écrans. À cet instant, le président n’est plus qu’un supporter parmi les siens.
La seconde période le verra vibrer à chaque incursion congolaise — le poteau de Bakambu, les occasions, le money-time étouffant — avant le soulagement final. Un point arraché au Portugal de Cristiano Ronaldo, et le sentiment partagé d’avoir assisté à quelque chose de plus grand qu’un match.
L’image, forte, dépasse le cadre sportif. Voir le président de la République en maillot national, vibrant côte à côte avec Infantino et Motsepe, a donné corps à l’unité d’un pays qui jouait aussi pour son Est meurtri par la guerre. Le but de Wissa, dont les racines renvoient à cette région, n’a fait qu’amplifier l’émotion.
En quittant les tribunes, Félix Tshisekedi laissait l’image d’un soir à part : celle d’un retour attendu un demi-siècle, et d’une nation rassemblée — du sommet de l’État jusqu’au dernier supporter — derrière un maillot et un rêve.
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