Sécurité & Défense Beni : journée de deuil après le triple assassinat de Butanuka

Beni : journée de deuil après le triple assassinat de Butanuka

La ville a tourné au ralenti le lundi 14 septembre 2026, trois jours après un triple assassinat dans le quartier Butanuka. La police a ouvert une enquête, l’identité des victimes n’est pas communiquée.

Beni : journée de deuil après le triple assassinat de Butanuka
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 16 SEPTEMBRE 2026 - 09:33 WAT · 3 min de lecture

Beni a observé une journée de deuil le lundi 14 septembre 2026, après le triple assassinat commis le vendredi 11 septembre dans le quartier Butanuka. Les activités socio-économiques ont tourné au ralenti à l’appel de la société civile.

La société civile parle d’une vie humaine banalisée

« Dans la ville de Beni, la vie humaine est de plus en plus banalisée alors que nous avons des autorités », a déclaré Pépin Kavota, président de la société civile coordination urbaine de Beni, sur Radio Okapi le 14 septembre 2026.

« Pourquoi la ville peut-elle être remplie de sang chaque jour ? Nous avons comptabilisé beaucoup de morts », a-t-il ajouté sur le même support, à la même date.

La Police nationale congolaise a ouvert une enquête depuis le vendredi 11 septembre. L’identité des trois victimes n’a pas été communiquée, non plus que l’identité des auteurs présumés.

La ville se trouve dans le territoire le plus exposé aux attaques des ADF

Beni est le chef-lieu du territoire du même nom, au Nord-Kivu, l’un des trois plus exposés aux attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées avec Lubero et Mambasa.

Dans le territoire voisin de Mambasa, en Ituri, la société civile a établi le 2 septembre 2026 un bilan d’au moins 43 civils tués en une semaine dans des attaques attribuées aux ADF, dans quinze localités.

Sur cinq mois, plus de 300 civils ont été tués en Ituri et au Nord-Kivu dans des attaques attribuées au même groupe, selon un décompte publié le 4 juin 2026.

La marche de la coalition d’opposition a été boycottée dans la même ville

Le 15 septembre 2026, lendemain de la journée de deuil, l’appel de la Coalition Article 64 à manifester n’a pas été suivi à Beni. Services administratifs, banques, écoles, stations-service et transports ont fonctionné normalement.

« Nous sommes fatigués par des journées ville morte, des marches pacifiques qui, par la suite, se transforment en marche de colère », a déclaré Epafra Kasereka Kuliwavyo, président des boutiquiers du marché central de Beni, à l’Agence congolaise de presse le 15 septembre 2026.

« À Beni, nous sommes au zénith de la souffrance ; au lieu de nous amener la paix, ils nous embrouillent », a affirmé Patient Akili, chef des parkings des motards, sur le même support à la même date.

Le bilan cumulé des assassinats en ville n’est pas publié

Le nombre de personnes tuées dans la ville de Beni depuis le début de l’année n’est pas rendu public, ni par la mairie, ni par la police provinciale, ni par l’auditorat militaire de garnison.

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme a recensé 657 violations des droits humains sur l’ensemble du pays pour le seul mois de juin 2026, en hausse de 33 % par rapport au mois précédent.

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B
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