Politique La bataille constitutionnelle (2024-2026)
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Série Congo 66 Partie 1 sur 1
Épisodes
Partie 1 — Politique

La bataille constitutionnelle (2024-2026)

Au cœur des années 2024 à 2026, une question agite la vie politique congolaise : faut-il changer la Constitution ? Le débat place le peuple au centre du récit institutionnel.

La Rédaction 30 juin 2026
La Rédaction
Kinshasa - 30 JUIN 2026 - 22:01 WAT · 4 min de lecture

Au cœur des années 2024 à 2026, une question agite la vie politique congolaise et revient, sous une forme nouvelle, hanter le pays : faut-il changer la Constitution ? Le débat sur une éventuelle réforme, voire une refonte du texte fondamental de 2006, est devenu l’un des grands clivages du moment, opposant ceux qui plaident pour une modernisation des institutions et ceux qui y voient une manœuvre menaçant les acquis démocratiques, à commencer par la limitation des mandats. BETO suit ce dossier de près, et le traite avec une exigence particulière, parce qu’il touche au nerf de la République.

Pour comprendre l’intensité de cette bataille, il faut se souvenir de tout ce que cette série a raconté. La Constitution de 2006, née de la sortie de guerre, avait inscrit dans le marbre des garde-fous, dont la limitation du nombre de mandats présidentiels. En 2011, déjà, une révision avait changé le mode de scrutin juste avant une élection, nourrissant la défiance. Autour de 2016, le maintien au pouvoir au-delà du mandat avait déclenché une crise majeure et des manifestations réprimées. Dans la mémoire récente des Congolais, toucher à la Constitution n’est jamais un geste neutre : c’est souvent le signe avant-coureur d’une bataille pour la conservation du pouvoir. C’est cette mémoire qui rend le débat actuel si inflammable.

Les arguments avancés en faveur d’une révision méritent d’être exposés honnêtement, comme ceux de ses adversaires. Les partisans d’une réforme mettent en avant la nécessité d’adapter des institutions jugées importées ou inadaptées, de renforcer la souveraineté, de corriger des dysfonctionnements. Leurs opposants répondent que les institutions ne sont pas la cause des maux du pays, que le vrai problème est leur non-respect, et qu’une refonte risque surtout de servir à lever les verrous qui protègent l’alternance. Entre ces deux lectures, le citoyen congolais est invité à se forger un jugement, et le rôle d’un média responsable est de lui en donner les moyens, sans lui dicter sa conclusion.

Ce qui se joue, au fond, dépasse le texte juridique. C’est la question, posée depuis 1960, de savoir si le pouvoir, au Congo, se transmet par les règles ou se conserve par les arrangements. La première alternance pacifique de 2018, malgré ses ambiguïtés, avait fait naître l’espoir que le pays pouvait enfin changer de dirigeant sans violence ni tripatouillage. La bataille constitutionnelle actuelle est, à cet égard, un test : le Congo va-t-il consolider la culture du respect des règles, ou retomber dans le vieux réflexe de la modification des textes au gré des intérêts du moment ? La réponse engage l’avenir démocratique du pays.

Sur un tel sujet, brûlant et mouvant, la prudence n’est pas une faiblesse, c’est une exigence. Les positions des uns et des autres évoluent, les faits doivent être vérifiés en permanence, et il serait irresponsable de figer dans un récit ce qui se joue encore. BETO assume une ligne, l’attachement à un Congo souverain et au respect de la volonté populaire, mais cette ligne se traduit d’abord par la rigueur : attribuer chaque position, vérifier chaque information, ne jamais transformer une intention supposée en fait établi. C’est ainsi qu’un média sert le débat démocratique plutôt qu’il ne l’enflamme.

Soixante-six ans après l’indépendance, la bataille constitutionnelle place le peuple congolais au centre du récit institutionnel. Car au-delà des juristes et des politiques, c’est lui, le souverain, qui devra dire ce qu’il veut de ses institutions. Le 30 juin 1960, un homme avait parlé debout au nom d’un Congo qui refusait de courber l’échine. Soixante-six ans plus tard, la question reste la même, transposée dans le langage du droit : qui décide, au Congo, et selon quelles règles ? La réponse à cette question fera, ou défera, la promesse démocratique de l’indépendance.

Cet article fait partie de « Congo 66 », la série de BETO consacrée aux histoires qui racontent la RDC depuis l’indépendance. Politique, économie, culture, société : BETO revient sur les récits, les ruptures et les héritages qui continuent de façonner le pays.

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B
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