Coup de cœur : « Kondoko », le tube qui réunit Werrason et la nouvelle vague
« Kondoko » (Suintement feat. Werrason, Gaz Mawete, Chily) réunit la légende et la nouvelle scène kinoise. Le coup de cœur de la rédaction, artistes présentés, faits vérifiés.
Coup de cœur : « Kondoko », le tube qui réunit Werrason et la nouvelle vague
AFP
Il y a des morceaux qu’on sent partir dès la première écoute. « Kondoko » est de ceux-là. Mis en première le 12 juillet 2026 sur la chaîne YouTube du jeune Suintement, le clip a dépassé 137 000 vues en deux jours. Sur ce titre, une légende et trois artistes de la nouvelle scène congolaise se retrouvent sur la même piste : Werrason, Suintement, Chily et Gaz Mawete. BETO parie que ce sera l’un des tubes de la saison, et vous le fait découvrir.
Le morceau n’est pas un featuring de plus. Porté par « Suintement, il s’inscrit dans « Prototype Indusa », le grand projet de Gaz Mawete, un ensemble d’une vingtaine de titres livrés par vagues qui fait dialoguer rumba, hip-hop et ndombolo. Composé par Arsonne Khalifah et Eliel, réalisé par Keen Ntsho et tourné à l’échangeur de Limete, à Kinshasa, « Kondoko » pose la voix de velours du roi de la forêt sur un son taillé pour 2026. La presse spécialisée l’attendait déjà : selon Strong2Kin Moov, la première vague du projet comprend « Kondoko (Suintement), enregistré aux côtés de Werrason et Chily ».
Celui qui mène la danse mérite qu’on s’arrête sur lui. Suintement, de son vrai nom Chris Elemboya Konga, est né en 1999 à Kinshasa. Révélé en 2021 aux Zubaboy Sessions, ce laboratoire de la jeune scène kinoise, il a été finaliste du Prix Découvertes RFI 2025, l’un des tremplins les plus scrutés du continent. Sa musique fond le trap, le rap, l’afrobeats et l’électro, avec des touches de rumba, chantée en lingala et en français. Deux EP à son actif, la série « BBSN », et une écriture introspective qui parle d’amour et d’ascension sociale de la jeunesse africaine. Pour beaucoup, « Kondoko » sera la première rencontre avec sa voix, et c’est une belle porte d’entrée.
À ses côtés, Chily apporte la couleur de la diaspora. Rappeur français d’origine congolaise, né en 1999 et grandi dans le Val-de-Marne, il a le ndombolo dans le sang, biberonné aux disques de Werrason, Koffi Olomidé et Ferré Gola, et signe un phrasé qui mêle le français, le lingala et le bambara. Le public congolais le connaît surtout pour « 500 », son duo avec Gaz Mawete, l’un des plus gros succès de l’album « Puzzle », numéro un du Top des chansons masculines de Boomplay en RDC. En mai 2025, sur la scène de La Cigale à Paris, il avait rendu hommage à Werrason en reprenant ses génériques cultes devant un public de jeunes de la diaspora. « Kondoko » scelle des retrouvailles annoncées.
Aux commandes du projet, on trouve l’un des artistes urbains les plus sûrs de sa génération. Gaz Mawete, de son vrai nom Gael Kapia Mawete, né en 1991 à Masina, s’est imposé avec « Olingi Nini » en 2018, puis « C’est Raté » aux côtés de Fally Ipupa, sacrée vidéo de l’année aux AFRIMMA. Son album « Puzzle » et son projet éponyme de 2024 l’ont installé au sommet, jusqu’à une neuvième place au palmarès Billboard France des Congolais les plus streamés en 2025. Avec « Prototype Indusa », il pousse la fusion rumba-urbaine un cran plus loin, et « Kondoko » en est l’une des pièces les plus attendues.
Et puis il y a le nom qui change tout. Werrason, de son vrai nom Noël Ngiama Makanda, né en 1965 à Kikwit, est l’un des géants vivants de la rumba. Cofondateur de Wenge Musica, chef de Wenge Musica Maison Mère depuis la scission de 1997, surnommé le roi de la forêt, il a marqué le ndombolo des années 1990 et rempli le Palais omnisports de Bercy dès 2000. Trente ans plus tard, il fait encore le plein en Europe, avec des concerts à guichets fermés comme au Forest National de Bruxelles en juillet 2026. Qu’un tel monument accepte de venir chanter sur le morceau d’un cadet, dans une esthétique qui n’est pas celle de ses grandes années, en dit long. Il ne rejoue pas la rumba de Wenge, il épouse le son des jeunes, sans forcer le trait.
C’est précisément ce qui fait le charme de « Kondoko ». L’instru accroche vite, chacun tient sa part sans marcher sur celle du voisin, et l’alliage des générations sonne juste plutôt que fabriqué. Sous la vidéo, un spectateur résume l’humeur ambiante : « C’est une dinguerie de faire ce genre de hit en 2026. » On ne saurait mieux dire. Reste à voir ce que les plateformes en feront sur la durée, mais l’élan est là, et l’envie de le partager avec. Le conseil de la rédaction tient en un geste : lancez « Kondoko », montez le son, et jugez sur pièce.
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