Diplomatie À l’ONU, Judith Suminwa dénonce les violences sexuelles d’« arme de guerre » et met en cause le Rwanda

À l’ONU, Judith Suminwa dénonce les violences sexuelles d’« arme de guerre » et met en cause le Rwanda

Présidant un débat du Conseil de sécurité des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa a décrit les violences sexuelles comme une arme de guerre et lié celles commises dans l'est de la RDC à des « forces étrangères, dont le Rwanda ».

À l’ONU, Judith Suminwa dénonce les violences sexuelles d’« arme de guerre » et met en cause le Rwanda
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 8 JUILLET 2026 - 21:40 WAT · 3 min de lecture

La Première ministre Judith Suminwa a présidé, le 8 juillet, un débat public de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations unies consacré aux violences sexuelles liées aux conflits. Devant le Conseil, la cheffe du gouvernement congolais a soutenu que, dans l’est de la RDC comme ailleurs, ces violences ne relèvent pas seulement de la tragédie individuelle mais constituent une arme de guerre.

« Elles visent à terroriser, humilier, déplacer, dominer, briser les familles et déstructurer des communautés. Là où le corps des femmes, des filles, mais aussi des hommes et des garçons devient un champ de bataille, la paix est déjà profondément compromise », a-t-elle déclaré. La formule inscrit la question dans le champ sécuritaire, et non plus seulement humanitaire.

Judith Suminwa s’est appuyée sur le rapport de Pramila Patten, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU chargée des violences sexuelles en période de conflit, qui fait état d’une hausse des cas vérifiés. La Première ministre a établi un lien direct entre ces exactions, l’occupation de certaines zones de la RDC par des groupes armés et des forces étrangères, et les économies illicites qui alimentent la guerre dans l’Est.

C’est dans ce cadre qu’elle a nommément mis en cause Kigali. « En République démocratique du Congo, nous connaissons cette réalité avec une douleur particulière. Dans certaines zones affectées par les groupes armés et sous occupation par des forces étrangères, dont le Rwanda, ces violences sont liées aux déplacements forcés, aux économies illicites et à une logique de prédation qui alimente la guerre », a affirmé la Première ministre. L’accusation engage la RDC devant l’organe onusien, alors que Kigali récuse de longue date toute implication de ses troupes dans l’est du pays.

Face à cette situation, Judith Suminwa a assuré que la RDC avait renforcé ses institutions pour lutter contre l’impunité et faire de la protection et de la dignité des survivantes et des survivants une priorité de l’action publique. La présidence congolaise de ce débat, à la tribune du Conseil, vaut autant comme prise de parole diplomatique que comme mise en accusation, dont la portée dépendra des suites que lui donneront les membres du Conseil.

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