Banque mondiale : jusqu’à 11 milliards USD pour diversifier l’économie congolaise
À l'ouverture des consultations sur son nouveau cadre de partenariat avec la RDC, la Banque mondiale a évoqué une enveloppe pouvant atteindre 11 milliards de dollars sur dix ans, pour diversifier l'économie. Un plafond conditionnel.
rché actuel de Walikale (PNUDRDC) par PNUDRDC (flickr)
AFP
Kinshasa, 5 juillet 2026. La Première ministre Judith Suminwa lance les consultations du nouveau Cadre de partenariat pays entre la RDC et la Banque mondiale. C’est à cette occasion qu’un chiffre est avancé : l’institution pourrait mobiliser jusqu’à 11 milliards de dollars pour accompagner le pays. Le montant est important. Il reste un plafond.
Le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC, Albert Zeufack, situe l’ambition au-delà de cette somme. « Nous comptons utiliser l’effet de levier pour attirer davantage de financements du secteur privé. Si nous travaillons ensemble pour réformer et garantir un climat des affaires attractif, nous pourrons tripler ce chiffre », a-t-il déclaré. Un triplement porterait le potentiel vers une trentaine de milliards. La condition est double : des réformes menées, et une réponse effective des investisseurs privés.
L’enveloppe s’inscrit dans un cadre de long terme. Le partenariat couvre les dix prochaines années. Il est conçu autour de trois axes. Les infrastructures de transport, avec un accent sur les routes et les chemins de fer. Le capital humain, par l’éducation et la formation. Les réformes économiques destinées à assainir le climat des affaires. À cela s’ajoute l’énergie : la Banque mondiale entend accompagner le compact énergétique congolais, avec l’objectif de porter le taux d’accès à l’électricité à 60 % de la population.
Deux précautions s’imposent sur le montant. La formule employée est « jusqu’à » : elle décrit un potentiel, non une somme déjà versée. Et cette enveloppe est distincte du portefeuille en cours, d’environ 8 milliards de dollars répartis sur 24 projets, qui finance déjà des programmes existants. Confondre les deux gonflerait artificiellement l’engagement réel.
Le calendrier confirme le caractère préparatoire de l’annonce. Le cadre de partenariat n’est pas encore approuvé. Sa finalisation est attendue en septembre, avant un passage devant le conseil d’administration de la Banque mondiale en novembre 2026. Les consultations en cours doivent en préciser le contenu avec les ministères sectoriels. La part de prêts et celle de dons n’a pas été détaillée.
Albert Zeufack a qualifié l’échange avec les autorités de « une séance de travail de grande qualité ». Reste, pour la RDC, à transformer un plafond annoncé en projets décaissés, dans un pays où la mise en œuvre a souvent buté sur la sécurité et la lenteur administrative.
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