Biodiversité Maniema : après l’abattage d’un éléphant à Punia, Greenpeace réclame une enquête

Maniema : après l’abattage d’un éléphant à Punia, Greenpeace réclame une enquête

Un éléphant abattu dans le territoire de Punia, une ONG qui monte au créneau. Au Maniema, un cas isolé rouvre la question de l'application des lois contre le braconnage.

Maniema : après l’abattage d’un éléphant à Punia, Greenpeace réclame une enquête
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 JUILLET 2026 - 19:15 WAT · 3 min de lecture

Le 25 juin 2026, l’organisation locale AGIREC Maniema a rendu publique une alerte faisant état de l’abattage d’un éléphant dans le territoire de Punia, dans cette province de l’est de la RDC. Le lendemain, Greenpeace Afrique a réagi par un communiqué, exprimant sa préoccupation et appelant les autorités à ouvrir une enquête indépendante, impartiale et transparente. L’ONG insiste sur un point, à ce stade les circonstances du fait restent à établir par les services compétents.

Au-delà du cas particulier, Greenpeace rappelle la fonction écologique de l’animal. « Les éléphants sont des architectes des forêts tropicales et jouent un rôle écologique irremplaçable dans le maintien de leur équilibre », souligne Bonaventure Bondo, chargé de campagne Forêts pour le bassin du Congo au sein de l’organisation. En dispersant les graines et en régénérant les habitats, précise-t-il, ils renforcent la capacité des forêts à stocker le carbone, un service dont dépendent des millions de personnes.

Le cadre légal existe pourtant. La loi congolaise sur la conservation de la nature réprime l’abattage d’une espèce totalement protégée par des peines allant d’un à vingt ans de prison. Le problème tient à son application. Quelques semaines plus tôt, à l’occasion de la Journée mondiale des espèces menacées, l’environnementaliste Gédéon Bakerethi, de l’Union internationale pour la conservation de la nature, résumait le constat. « La loi est claire, mais elle n’est pas mise en œuvre », déclarait-il à Radio Okapi, à propos d’un autre éléphant abattu près du parc des Virunga.

Pour Greenpeace, la réponse passe autant par la répression que par les communautés. « La protection de la biodiversité est une responsabilité collective. Les communautés locales sont les premières gardiennes des forêts et doivent être pleinement associées aux efforts de conservation », plaide Bonaventure Bondo. L’ONG rappelle que l’éléphant de forêt du bassin du Congo, dont les effectifs ont fortement reculé en une décennie selon les organisations de conservation, joue un rôle clé dans la régénération du deuxième massif forestier tropical de la planète.

À ce jour, aucune réaction officielle de l’Institut congolais pour la conservation de la nature ni des autorités provinciales du Maniema n’a été rendue publique sur le cas de Punia. Un silence qui, pour les défenseurs de l’environnement, illustre le cœur du problème. Tant que la loi restera plus sévère sur le papier que sur le terrain, chaque éléphant abattu resterait une alerte de plus, sans suite. Le sort de celui de Punia dira si, cette fois, l’enquête réclamée aura bien lieu.

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B
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