En clair Dialogue national : que fera la C64 si Tshisekedi laisse expirer l’ultimatum du 15 août ?
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Dialogue national : que fera la C64 si Tshisekedi laisse expirer l’ultimatum du 15 août ?

À six jours de son ultimatum, la C64 maintient la pression sur Félix Tshisekedi. Sans convocation du dialogue d’ici au 15 août, la coalition d’opposition pourrait mettre fin à la trêve politique observée depuis juillet et annoncer de nouvelles actions.

Dialogue national : que fera la C64 si Tshisekedi laisse expirer l’ultimatum du 15 août ?
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 AOÛT 2026 - 12:49 WAT · 5 min de lecture

Le 15 août approche et aucune convocation officielle du dialogue national inclusif n’a encore été rendue publique. En République démocratique du Congo, cette échéance fixée par la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) pourrait ouvrir une nouvelle séquence de tensions entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et une partie de l’opposition.

Samedi 8 août, la C64 a réaffirmé qu’elle maintenait son ultimatum. La coalition réclame la convocation officielle du dialogue au plus tard le 15 août, tout en dénonçant des attaques qu’elle affirme dirigées contre plusieurs de ses formations politiques. 

L’échéance n’a aucune valeur constitutionnelle ou institutionnelle. Elle constitue avant tout un instrument de pression politique. Mais après avoir suspendu une partie de sa mobilisation pour laisser une chance à la voie du dialogue, la C64 devra décider de la conduite à tenir si le chef de l’État ne répond pas à ses exigences.

Une trêve conditionnée au dialogue

Le bras de fer remonte au mois de juillet. La C64 avait décidé de surseoir à sa marche annoncée pour le 22 juillet après les démarches entreprises par les confessions religieuses et l’ouverture affichée par Félix Tshisekedi en faveur d’un dialogue politique. Cette suspension n’était cependant pas sans condition. La coalition avait demandé que le dialogue national inclusif soit officiellement convoqué au plus tard le 15 août. 

Le chef de l’État avait auparavant donné son accord au principe de nouvelles discussions lors d’un échange avec les responsables des principales confessions religieuses. Ces dernières présentent le dialogue comme un moyen de contribuer à la décrispation politique et à la recherche d’une réponse à la crise sécuritaire. Mais plusieurs semaines plus tard, des inconnues demeurent sur le calendrier, le format, la facilitation et les participants.

Le retour à la contestation comme première option

Si le 15 août passe sans annonce, la première conséquence pourrait être la fin de la trêve observée par la C64. Martin Fayulu a déjà laissé entendre que l’opposition reprendrait ses actions après cette échéance si ses exigences n’étaient pas satisfaites. Il défend parallèlement un dialogue suffisamment large pour traiter les principales causes de la crise congolaise et insiste sur son caractère inclusif. 

La coalition pourrait donc annoncer un nouveau calendrier de mobilisation. Mais cette option comporte également un risque pour l’opposition : celui de devoir démontrer sa capacité à transformer l’ultimatum politique en rapport de force effectif.

Ne rien entreprendre après avoir présenté le 15 août comme une date butoir pourrait, à l’inverse, fragiliser la crédibilité de la stratégie adoptée depuis juillet.

Tshisekedi refuse de gouverner sous ultimatum

Du côté du pouvoir, le message est différent. Des responsables de la majorité ont rejeté l’idée que le calendrier du président puisse être dicté par l’opposition. La position défendue est que l’ouverture de Félix Tshisekedi au dialogue précède l’ultimatum de la C64 et s’inscrit dans une démarche conduite avec les confessions religieuses. Cette lecture permet à la présidence de conserver une marge de manœuvre.

Convoquer les assises avant le 15 août pourrait être présenté par la C64 comme une victoire obtenue sous pression. Attendre après l’échéance permettrait au pouvoir de montrer qu’il ne se soumet pas à un calendrier imposé, mais risquerait parallèlement de provoquer une nouvelle confrontation politique.

Même une convocation avant le 15 août ne réglerait pas toutes les divergences. La C64 pose plusieurs conditions au dialogue. Martin Fayulu insiste notamment sur son inclusivité et sur la nécessité d’aborder largement les problèmes auxquels le pays est confronté. 

Le choix des participants, le rôle des confessions religieuses, l’ordre du jour et la question de la crise sécuritaire dans l’Est pourraient ainsi devenir les prochains points de friction. Le débat constitutionnel constitue également une toile de fond importante. Créée en mai, la C64 s’est notamment structurée autour de l’opposition au changement de Constitution et de la défense de l’ordre constitutionnel. 

Le 15 août, un test pour les deux camps

L’expiration de l’ultimatum ne provoquerait donc pas automatiquement l’échec du dialogue. Félix Tshisekedi pourrait toujours convoquer les assises après cette date ou poursuivre les consultations nécessaires à leur préparation. Mais politiquement, le 15 août constituera un test.

Pour la C64, il faudra montrer que l’échéance annoncée produit des conséquences si le pouvoir ne répond pas. Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu sera de conserver l’initiative du dialogue sans laisser s’installer l’idée qu’il refuse une décrispation politique. À six jours de l’échéance, la question n’est donc plus seulement de savoir si un dialogue aura lieu, mais ce que fera l’opposition si le pouvoir décide de laisser passer le 15 août sans le convoquer officiellement. 

Odon Bakumba 

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