Commerce & Industrie Lubumbashi : trois nouvelles usines pour accélérer la réindustrialisation

Lubumbashi : trois nouvelles usines pour accélérer la réindustrialisation

Sur un même site du Haut-Katanga, la RDC a mis en service trois unités industrielles le 6 juillet. Un signal fort pour la transformation locale, dont les promesses d'emplois restent à vérifier.

Lubumbashi : trois nouvelles usines pour accélérer la réindustrialisation
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 7 JUILLET 2026 - 19:17 WAT · 3 min de lecture

Le lundi 6 juillet 2026, à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga, le gouvernement congolais a inauguré trois nouvelles unités de production sur le site du Groupe Vinmart. La cérémonie a été coprésidée par le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, chargé de l’intérim à l’Industrie, Justin Kalumba Mwana Ngongo, et par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, en présence du gouverneur intérimaire de la province, Martin Kazembe Shula. La matinée a aussi vu la pose de la première pierre d’une future usine de recyclage des huiles usées.

Les trois unités mises en service couvrent la transformation des métaux et les équipements électriques. La première, exploitée par la Société de transformation de fer, produit des tubes carrés, présentés comme une première dans le pays, pour une capacité annoncée de mille cinq cents tonnes par mois destinées au bâtiment, aux infrastructures et aux mines. Les deux autres, portées par Mining Engineering Services, fabriquent des câbles électriques armés et des transformateurs. Des produits jusque-là largement importés.

Pour le gouvernement, ces inaugurations traduisent une doctrine, celle de la transformation locale des richesses. « La RDC, qui a obtenu son indépendance politique, est en train d’aller vers l’indépendance économique », a déclaré Justin Kalumba, soulignant l’ouverture d’une usine « qui va commencer à produire des tubes carrés pour la première fois dans notre pays ». Les inaugurations interviennent quelques jours après le lancement, par le président Félix Tshisekedi, d’un programme pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, dont elles se veulent le prolongement industriel.

Le ministre du Commerce extérieur a inscrit l’événement dans le registre de la souveraineté. « Aujourd’hui, nous célébrons une victoire pour la souveraineté économique et industrielle de la RDC », a affirmé Julien Paluku, invitant les autres provinces à s’inspirer de la dynamique katangaise. Le discours officiel insiste sur la rupture avec l’exportation des matières premières brutes, au profit d’une valeur ajoutée produite sur place, sous le label « Made in Congo ».

Les retombées annoncées, elles, appellent la prudence. Le Groupe Vinmart revendique entre vingt mille et vingt-cinq mille emplois directs et près de deux cent mille emplois indirects, des chiffres présentés par l’entreprise lors de sa propre cérémonie, non vérifiés de façon indépendante. Aucun montant d’investissement n’a été communiqué. La zone économique spéciale évoquée pour le site reste, à ce stade, un projet annoncé, et l’usine de recyclage des huiles usées n’en est qu’à la première pierre.

Pour Lubumbashi, capitale minière historique, l’enjeu dépasse la coupure de ruban. Transformer sur place le fer, le cuivre et les hydrocarbures usés, plutôt que d’exporter la matière brute, est un vieux mot d’ordre congolais, plus souvent proclamé que réalisé. Trois usines allumées le même jour valent démonstration. Reste à les faire tourner à plein régime, à tenir les promesses d’emplois, et à transformer un site pilote en tissu industriel. C’est à cela, et non aux discours d’inauguration, que se mesurera la réindustrialisation.

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B
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