Santé Ebola en RDC: des cas importés hors d’Ituri, au Haut-Uele et en Tshopo

Ebola en RDC: des cas importés hors d’Ituri, au Haut-Uele et en Tshopo

Partie d'Ituri, l'épidémie d'Ebola essaime par cas importés vers le Haut-Uele et la Tshopo. Deux malades venus de Nia-Nia, dont un décès, rappellent que la fuite des personnes précède le virus.

Ebola en RDC: des cas importés hors d’Ituri, au Haut-Uele et en Tshopo
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 21:12 WAT · 4 min de lecture

Début juillet 2026, l’épidémie d’Ebola qui frappe l’Ituri depuis la mi-mai a essaimé hors de la province par des cas importés. Le 4 juillet, deux cas importés ont été signalés dans le Haut-Uele, dont un décès, chez des malades venus de la zone de santé de Nia-Nia, l’un des foyers de l’Ituri. La veille, Radio France Internationale et plusieurs relais faisaient déjà état de nouveaux cas signalés hors du foyer initial. Le mécanisme est chaque fois le même, ce ne sont pas des chaînes de transmission locales, mais des personnes contaminées qui se déplacent et emportent le virus avec elles.

La chronologie de cette extension mérite d’être précisée, car elle décide du niveau d’alerte. Selon le Centre de recherche sur les maladies infectieuses de l’université du Minnesota, deux contacts sous surveillance en Ituri se sont enfuis de l’isolement vers le Haut-Uele, l’un testé positif, l’autre en attente de confirmation, et les deux ont été ramenés en Ituri pour le suivi. La qualification exacte, deux cas confirmés ou un cas confirmé et un en attente, reste donc mouvante selon la date de la source. Ce qui est établi, c’est le sens de la circulation, du foyer iturien vers les provinces voisines.

La Tshopo a connu un épisode plus frappant encore. Une femme enceinte, décédée à Nia-Nia, a vu sa dépouille transportée clandestinement à moto sur des centaines de kilomètres jusqu’à Kisangani, chef-lieu de la province. Le corps d’un défunt d’Ebola compte parmi les vecteurs les plus contagieux, et ce convoyage illustre le rôle des funérailles et de la manipulation des dépouilles dans la propagation. La riposte se joue autant dans les centres de traitement que sur les routes et dans les rites d’inhumation.

À l’échelle nationale, les chiffres continuent de monter. Au 3 juillet, le bilan cumulé approchait mille quatre cents cas confirmés et plus de quatre cents décès, l’Ituri concentrant à lui seul environ neuf cas sur dix. La souche en cause, Bundibugyo, ne dispose d’aucun vaccin homologué, ce qui prive la riposte de l’outil qui avait fait ses preuves lors des épidémies précédentes. Les autorités ont annoncé début juillet le démarrage d’un essai clinique sur deux traitements, seule perspective thérapeutique à ce stade.

Les pouvoirs publics avaient anticipé ce débordement. Dès le 27 juin, avant tout cas confirmé hors du foyer, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, adressait un télégramme aux gouverneurs de quatre entités jugées exposées, Kinshasa, la Tshopo, le Bas-Uele et le Haut-Uele. « Toutes les formes de rassemblements de masse sont désormais interdites », y ordonnait-il, invoquant la densité des mouvements de population. Une mesure préventive qui visait précisément les provinces où des cas importés ont depuis été détectés.

Il importe toutefois de ne pas confondre alerte et emballement. Un cas importé isolé n’est pas une épidémie déclarée dans la province d’accueil. Tant qu’aucune transmission locale n’y est documentée, parler d’une épidémie au Haut-Uele ou en Tshopo serait excéder les faits. L’Organisation mondiale de la santé évalue le risque comme élevé aux niveaux national et régional, mais faible à l’échelle mondiale, sans considérer la menace comme une urgence pandémique planétaire. La ligne de crête, pour l’information comme pour la riposte, consiste à prendre la menace au sérieux sans la dramatiser.

Pour Kinshasa, ces cas importés posent une équation logistique autant que sanitaire. Le virus voyage à la vitesse des personnes qui fuient, et la surveillance aux points de passage, le suivi des contacts et les enterrements sécurisés valent ici autant que les lits d’isolement. Le premier bilan de fond de la 17e épidémie ne se mesurera pas au seul nombre de morts, mais à la capacité de contenir la maladie dans son foyer. Chaque contact qui s’échappe et chaque dépouille qui circule ouvrent une brèche que la riposte devra refermer, une par une.

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B
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