Ebola : comment la RDC a fait passer son dépistage de 30 à 2 000 tests par jour
Face à une souche sans vaccin, le dépistage est la première ligne. En deux mois, la RDC est passée d'un dépistage centralisé à Kinshasa à dix laboratoires de terrain, et l'OMS a homologué en urgence le premier test moléculaire du virus Bundibugyo.

Ebola : comment la RDC a fait passer son dépistage de 30 à 2 000 tests par jour
AFP
KINSHASA. Au début de l’épidémie, un échantillon prélevé en Ituri devait voyager jusqu’à Kinshasa pour être analysé. Une trentaine de tests par jour, à des centaines de kilomètres du foyer. Deux mois plus tard, dix laboratoires fonctionnent au plus près des communautés touchées et la capacité dépasse 2 000 analyses quotidiennes.
Ce saut n’est pas cosmétique. La souche Bundibugyo, responsable de la flambée déclarée le 15 mai, ne dispose d’aucun vaccin ni traitement homologué. Sans arme préventive, repérer vite les malades et les isoler reste la seule manière de casser les chaînes de transmission. Le 2 juillet, l’OMS a franchi une étape en accordant une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test moléculaire de diagnostic du virus Bundibugyo. Jusque-là, les équipes s’appuyaient sur des protocoles adaptés d’autres souches. Le nouvel outil doit accélérer la confirmation des cas.
« Sous la direction du gouvernement, nous avons continué à renforcer la riposte », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lors d’un point de presse à Genève. Le renfort du dépistage arrive alors que les autorités enregistrent en moyenne 38 nouveaux cas confirmés par jour. Confirmer plus vite, c’est isoler plus tôt et retrouver les contacts avant qu’ils ne contaminent à leur tour.
Le diagnostic n’est qu’un maillon. Le traçage des contacts atteint 75,2 % au dernier point, avec plus de 10 000 personnes suivies. La prise en charge s’est étoffée aussi : vingt-deux centres de traitement disposent d’environ 650 lits, occupés à 96 %, et trois cents lits supplémentaires sont en préparation. La coordination scientifique reste congolaise, l’Institut national de recherche biomédicale pilotant l’essai clinique lancé le 2 juillet sur deux traitements expérimentaux.
Les capacités de laboratoire progressent pourtant plus vite que la faculté d’éteindre l’épidémie. Dans une région en guerre, un centre de traitement a été attaqué et incendié cette semaine en Ituri, faisant deux morts et provoquant la fuite de patients. Chaque interruption de service laisse des cas hors du radar. « Nous aimerions pouvoir dire que la situation se stabilise, mais, franchement, nous ne pouvons pas encore l’affirmer », reconnaissait Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC, depuis Bunia. Un laboratoire performant ne vaut que s’il reste ouvert, et si les échantillons parviennent jusqu’à lui.
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