Santé Ebola en Ituri : impayés depuis deux mois, les prestataires de la riposte au bord de la rupture
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Ebola en Ituri : impayés depuis deux mois, les prestataires de la riposte au bord de la rupture

En Ituri, épicentre de l'épidémie, des prestataires de la riposte contre Ebola disent travailler depuis deux mois sans salaire. Un mouvement de grève a partiellement perturbé les opérations avant une reprise après échanges avec la coordination.

Ebola en Ituri : impayés depuis deux mois, les prestataires de la riposte au bord de la rupture
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 6 JUILLET 2026 - 23:07 WAT · 2 min de lecture

Alors que d’importants moyens ont été mobilisés contre la dix-septième épidémie d’Ebola, un malaise profond gagne les équipes de première ligne en Ituri, épicentre de la maladie. Retards de paiement, démotivation et ralentissement de certaines activités essentielles, comme les investigations et le suivi des contacts, font craindre pour l’efficacité de la riposte. Lundi 7 juillet, un mouvement de grève des prestataires a partiellement perturbé les opérations avant une reprise du travail, à l’issue d’échanges avec la coordination.

Le cœur de la colère porte sur les salaires. Plusieurs agents affectés au centre de traitement Elikia et à l’hôpital général de référence de Bunia affirment travailler depuis près de deux mois sans rémunération, malgré leur exposition quotidienne au virus. « Nous travaillons chaque jour dans des conditions extrêmement difficiles, exposés au virus pour protéger la population. Pourtant, depuis le début de la riposte, nous n’avons toujours pas été payés. Beaucoup de collègues sont découragés et certains parlent déjà d’arrêter le travail », témoigne l’un d’eux, sous couvert d’anonymat.

Le malaise nourrit aussi des soupçons sur l’emploi des financements annoncés. « La situation est catastrophique. La riposte de 2018 n’était pas organisée de cette manière. Ce que nous constatons sur le terrain, c’est que les équipes locales souffrent alors que des financements importants ont pourtant été annoncés », confie un observateur de la société civile. À Bunia comme à Komanda, des habitants relèvent le contraste entre des hôtels souvent complets, occupés par les partenaires, et des communautés qui disent ne pas voir d’amélioration.

Contactés, les responsables de la coordination de la riposte n’avaient pas réagi au moment de la publication des premiers témoignages. La reprise du travail, lundi, est intervenue après une rencontre avec le gestionnaire de l’incident, les prestataires maintenant leurs revendications de paiement. Le mécontentement survient alors que la riposte, qui a vu s’ouvrir un essai clinique à Bunia, appelle à renforcer l’adhésion des communautés pour interrompre la transmission.

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B
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