Ebola en RDC : près de deux mois de riposte et une courbe qui refuse de fléchir
1 830 cas, 648 décès, 780 malades encore en charge : près de deux mois après le début de la riposte, l'épidémie d'Ebola ne montre pas son pic. Part de la vraie expansion et de la détection accrue.
Ebola en RDC : près de deux mois de riposte et une courbe qui refuse de fléchir
AFP
Près de deux mois après le déclenchement de la riposte, l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo n’a pas encore montré son pic. Le bilan officiel de l’Institut national de santé publique (INSP) arrêté au 9 juillet fait état de 1 830 cas confirmés et 648 décès, contre 1 792 cas et 625 décès la veille. Surtout, 780 patients restaient en isolement ou hospitalisés, soit plus de quatre cas sur dix du cumul encore actifs, le signe d’une transmission qui alimente en continu les centres de traitement.
Le rythme d’apparition des nouveaux cas raconte la même histoire. L’Organisation mondiale de la santé a relevé une moyenne de « 38 nouveaux cas confirmés par jour depuis deux semaines », un plateau élevé qui n’esquisse aucune décrue. Dans le même temps, la carte de l’épidémie s’étend : après l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, le virus a débordé vers la Tshopo, avec deux cas à Kisangani, et vers le Haut-Uélé, avec deux cas importés à Wamba.
Une part de cette progression tient à ce que l’on voit mieux. Au début de la flambée, une trentaine de tests étaient réalisés chaque jour à Kinshasa. Grâce à l’ouverture de dix laboratoires dans les provinces touchées, ce sont désormais plus de 2 000 analyses quotidiennes qui permettent de confirmer plus vite les infections. Le dernier bilan a d’ailleurs été relevé après un nettoyage et une harmonisation de la base de données DHIS2, qui a consolidé des cas et des décès jusque-là dispersés. Une détection plus fine gonfle les chiffres sans que la réalité épidémiologique ait forcément changé du jour au lendemain.
La pression sur le terrain, elle, ne relève pas d’un artefact statistique. « Les centres de traitement sont arrivés à saturation », a alerté la représentante de l’OMS en RDC, Anne Ancia, qui pointe aussi le manque d’ambulances pour couvrir la seule province de l’Ituri. Les équipes travaillent dans un environnement où la guerre, les déplacements de population et un système de santé exsangue jouent en faveur du virus. La grève des prestataires de la riposte, qui dénoncent des primes impayées, et un déficit de financement chiffré en millions de dollars fragilisent encore la mécanique.
Tant que les chaînes de transmission ne seront pas entièrement reconstituées, le sommet de la courbe restera hors de portée. La souche Bundibugyo, sans vaccin ni traitement homologué, ne laisse d’autre levier que la rapidité : détecter, isoler, suivre chaque contact. L’éclaircie du Sud-Kivu, seule province à s’approcher de la fin de l’épidémie, montre que la décrue est possible là où ces conditions sont réunies. Elle reste, pour l’heure, l’exception qui souligne l’ampleur du chemin à parcourir en Ituri.
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