Ebola en RDC : ce que l’on sait de Peter Stafford, le médecin humanitaire américain infecté et placé en isolement à Francfort
Deuxième évacuation du genre vers l'Europe depuis juin, le transfert d'un employé d'une organisation humanitaire coïncide avec le lancement, à Oxford, du premier essai humain d'un vaccin contre la souche Bundibugyo.

Ebola en RDC : ce que l’on sait de Peter Stafford, le médecin humanitaire américain infecté et placé en isolement à Francfort
AFP
Un citoyen américain contaminé par le virus Ebola en République démocratique du Congo a été admis lundi 13 juillet, peu avant trois heures du matin, dans l’unité d’isolement spécialisée de l’hôpital universitaire de Francfort, en Allemagne. Le patient, âgé d’une soixantaine d’années, avait contracté la souche Bundibugyo du virus, a précisé l’établissement. « L’état du patient est actuellement stable », a indiqué Timo Wolf, responsable de l’unité d’isolement, l’hôpital assurant qu’il n’existait aucun risque pour le public ni pour les autres patients, la prise en charge se faisant en isolement complet.
L’homme travaillait comme gestionnaire d’entrepôt pour l’organisation caritative chrétienne Samaritan’s Purse. Un responsable de l’ONG a confirmé qu’il était employé à plein temps en RDC. « Il a reçu un traitement précoce et j’ai bon espoir qu’il s’en sorte bien », a-t-il déclaré, remerciant le département d’État américain d’avoir organisé sa prise en charge rapide et son évacuation. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) avaient annoncé vendredi qu’un ressortissant américain travaillant pour une organisation humanitaire au Congo avait été testé positif au Bundibugyo.
Ce cas est le deuxième du genre en quelques semaines. En juin, un autre citoyen américain, soigné à l’hôpital de la Charité à Berlin après avoir contracté Ebola en RDC, avait pu quitter l’établissement. Ces évacuations interviennent alors que l’épidémie s’aggrave sur le terrain congolais : selon l’Institut national de santé publique, le bilan atteignait lundi 1 926 cas confirmés et 702 décès, avec une extension à deux nouvelles provinces, le Haut-Uélé et la Tshopo.
Le même jour, l’université d’Oxford a annoncé le lancement du premier essai humain d’un vaccin dirigé contre la souche Bundibugyo. Cet essai de phase précoce, baptisé BD-Ebov, doit évaluer la tolérance et la réponse immunitaire du candidat vaccinal ChAdOx1 BDBV chez cinquante adultes en bonne santé. Le Serum Institute of India, partenaire du programme, indique avoir fabriqué environ 620 000 doses du candidat en deux semaines et fourni 4 000 doses pour l’étude, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) s’engageant à investir jusqu’à 8,6 millions de dollars.
Ces travaux ne modifient pas l’équation immédiate de la riposte. À ce jour, il n’existe contre la souche Bundibugyo ni vaccin homologué ni traitement spécifique, le vaccin Ervebo ne protégeant que contre la souche Zaïre. Les candidats vaccinaux, comme celui d’Oxford, en sont au stade des essais, tandis que la prise en charge des malades repose sur des soins de soutien et des traitements encore expérimentaux. Sur le terrain, la lutte continue de s’appuyer sur la détection précoce, l’isolement et le suivi des contacts.
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