Ebola quitte l’Ituri : comment l’épidémie a gagné cinq provinces
Avec la Tshopo et le Haut-Uélé, la maladie déborde son foyer historique de l'Est. À Kisangani, carrefour routier et fluvial, les autorités sanitaires redoutent une propagation en étoile.
Ebola quitte l’Ituri : comment l’épidémie a gagné cinq provinces
AFP
L’épidémie de maladie à virus Ebola qui frappe la République démocratique du Congo n’est plus une affaire du seul Ituri. Selon le point de situation officiel arrêté au 11 juillet, elle touche désormais cinq provinces, l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, auxquels se sont ajoutés la Tshopo et le Haut-Uélé, pour un cumul de 1 926 cas confirmés et 702 décès. En moins d’une semaine, la carte de la dix-septième épidémie du pays s’est étirée vers l’ouest et le nord, le long des routes qui relient le foyer de Djugu au reste du territoire.
Le basculement le plus commenté est celui de Kisangani. La capitale de la Tshopo a été officiellement déclarée touchée dimanche 12 juillet, après la confirmation de quatre cas importés de l’Ituri. « Les quatre cas que nous avons sont des cas importés, qui sont tous venus de l’Ituri. Mais étant donné qu’ils se sont retrouvés dans la ville de Kisangani et qu’ils y sont pris en charge, nous considérons que la ville de Kisangani est touchée », a déclaré le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, cité par Radio Okapi. Les cas se répartissent dans trois zones de santé de la ville, Makiso-Kisangani, Mangobo et Lubunga, qui totalisent deux décès, une quarantaine de cas suspects et près de 130 contacts.
C’est la position de Kisangani qui inquiète le plus. Nœud routier, fluvial et aérien, la ville ouvre sur plusieurs provinces. « Le risque d’expansion rapide de l’épidémie demeure élevé en raison des liaisons routières, fluviales et aériennes reliant Kisangani à plusieurs provinces du pays », a averti le chef de la division provinciale de la santé de la Tshopo, Bienvenu Ikomo, cité par l’Agence congolaise de presse. Les zones de Bafwasende et Waniarukula, voisines du foyer de Nia-Nia en Ituri, sont classées à haut risque.
Au nord, le Haut-Uélé a enregistré ses premiers cas dans la zone de Wamba, et son gouverneur, Jean Bakomito, a appelé au respect strict des mesures barrières. En Ituri même, la progression se poursuit aux marges : la zone de Boga, frontalière de l’Ouganda, est devenue l’une des dernières atteintes, ravivant la crainte d’une diffusion transfrontalière. La province reste l’épicentre incontesté, avec 26 de ses 36 zones de santé touchées et la quasi-totalité des cas et des décès.
Cette diffusion géographique se fait sans filet thérapeutique. Provoquée par la souche Bundibugyo, l’épidémie ne dispose à ce jour d’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique, le vaccin Ervebo ne ciblant que la souche Zaïre. La riposte repose donc sur la détection précoce, le suivi des contacts et l’isolement, un dispositif que l’extension à cinq provinces étire un peu plus chaque jour.
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