Masisi : les FARDC et les Wazalendo regagnent du terrain vers Rubaya
L'armée congolaise et les groupes d'autodéfense Wazalendo affirment avoir repris l'initiative dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, et se rapprochent de la cité minière de Rubaya, toujours tenue par l'AFC/M23. Ces combats surviennent au lendemain du premier anniversaire de l'accord de Washington, resté lettre morte.
Masisi : les FARDC et les Wazalendo regagnent du terrain vers Rubaya
AFP
GOMA. Depuis le vendredi 26 juin, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les combattants Wazalendo affirment avoir repris l’initiative dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Selon plusieurs sources locales citées par Radio Okapi, la coalition progresse vers l’agglomération de Ngungu et la cité minière de Rubaya. Lundi 29 juin au matin, des tirs d’armes lourdes et des détonations d’artillerie étaient encore entendus dans la zone de Kabingu, sur l’axe Ngungu, en chefferie des Bahunde.
L’offensive a commencé tôt vendredi par des attaques simultanées dans plusieurs entités de Masisi, avant de gagner des localités du territoire voisin de Kalehe, au Sud-Kivu. Après deux jours d’affrontements, la coalition aurait repris la localité de Kasake, proche de Ngungu et de Rubaya, ainsi que les collines de Runigi et de Kanyarubere, dans le groupement Kibabi. Ces hauteurs commandent les voies d’accès vers les centres urbains. La situation reste mouvante, marquée par des tirs sporadiques et des mouvements de troupes des deux côtés.
L’enjeu dépasse la seule carte militaire. Rubaya, l’un des principaux gisements de coltan du pays, reste sous le contrôle de l’AFC/M23, accusés par Kinshasa et par Washington d’être soutenus par le Rwanda. Dans plusieurs zones qu’ils occupent au Nord et au Sud-Kivu, les rebelles ont installé des administrations parallèles.
Ces combats interviennent au lendemain d’un anniversaire amer. Le 27 juin 2025, Kinshasa et Kigali signaient à Washington un accord de paix prévoyant le retrait des troupes rwandaises de l’est congolais sous quatre-vingt-dix jours et la fin de tout soutien aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Un an plus tard, le texte reste largement inappliqué et les lignes de front n’ont pas bougé.
Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 26 juin, le conseiller principal du président des États-Unis pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Massad Boulos, a renvoyé les deux camps à leurs engagements tout en visant nommément Kigali. « En dépit des progrès, les partis continuent à ne pas honorer leurs obligations », a-t-il déclaré, avant de mettre en cause le voisin rwandais : « Il continue de soutenir les M23. Des progrès sur ces deux volets sont nécessaires depuis très longtemps et les excuses ne sont plus acceptables, les retards non plus. »
Le responsable américain a rappelé les sanctions déjà prises. « En mars, par exemple, nous avons sanctionné les RDF pour leur soutien, leur formation et leur combat actif aux côtés des M23 », a-t-il indiqué, en référence à l’armée rwandaise. Il a prévenu que « toute inaction, toute obstruction supplémentaire de la part des partis se soldera par des mesures de riposte supplémentaire ».
Sur le terrain, la reprise des combats a vidé des villages. D’importants mouvements de population ont été enregistrés durant le week-end dans les zones de Ngungu, Kasenyi et Luke, où des familles entières ont fui vers des localités jugées plus sûres. Des affrontements ont aussi été signalés à Mindjendje, dans le territoire de Walikale, et à Bibwe, dans le Masisi, signe d’une extension géographique des hostilités.
La coalition FARDC Wazalendo n’a pas publié de bilan de son offensive. Les gains annoncés vers Rubaya engagent, pour l’heure, les seules sources locales, dans une zone où le contrôle des collines bascule vite.
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