Ebola en RDC : ce que dit le bilan du 28 juin, où la surveillance recule
Charge hospitalière en hausse, suivi des contacts en baisse à 81,3 %, létalité à 28,8 % : lecture croisée des indicateurs du dernier bilan officiel d'Ebola en RDC.
Ebola en RDC : ce que dit le bilan du 28 juin, où la surveillance recule
AFP
Le point officiel arrêté au 28 juin annonce 1 307 cas et 377 décès. Au-delà des cumuls, deux courbes qui se croisent racontent l’état réel de la bataille : la charge hospitalière monte pendant que la surveillance des contacts faiblit.
Premier mouvement, l’afflux. En vingt-quatre heures, le nombre de patients en prise en charge bondit de 502 à 615, soit 113 malades de plus à soigner d’un point à l’autre. Cette hausse dépasse de loin celle des cas confirmés sur la même journée, qui n’augmentent que de 33. L’écart traduit un rattrapage : des malades jusque-là hors des structures sont désormais hospitalisés. Les centres de traitement, que l’OMS décrivait déjà sous tension, absorbent ce surcroît. « Les centres de traitement actuels sont sous pression, avec 84 % des lits actuellement occupés », constatait le 23 juin le docteur Abdi Mahamud, directeur des opérations d’alerte à l’OMS.
Deuxième mouvement, le recul de la traque. Le taux de suivi des contacts passe de 87,1 % à 81,3 % en une journée. C’est l’indicateur le plus stratégique de la riposte : retrouver et surveiller chaque personne exposée permet de couper les chaînes de transmission avant qu’elles ne repartent. Quand ce taux baisse au moment où le nombre de malades grimpe, le risque est que des contacts échappent à la surveillance et deviennent les cas de demain. Le rapport ne précise pas la cause de ce repli, qui mérite d’être suivi point après point.
Troisième mouvement, la létalité qui progresse légèrement. Le taux passe de 28,3 % à 28,8 %, sans rupture. Il reste inférieur à la mortalité historique de la souche Bundibugyo, comprise entre 30 et 50 %, mais l’écart se resserre. Or les guérisons stagnent : 180 personnes rétablies, contre 178 la veille, quand les décès ont progressé de 17 sur la même période. Le rapport entre les deux se creuse en défaveur des survivants. « Il est possible de survivre à l’Ebola causé par le virus Bundibugyo grâce à des soins médicaux de qualité (…). Se faire soigner rapidement fait toute la différence », rappelait le 30 mai à Bunia le directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Lus ensemble, ces trois mouvements dessinent une riposte qui soigne davantage mais retrouve moins. Tant que le suivi des contacts ne remonte pas, le cumul des cas a peu de raisons de plafonner, et c’est sur ce chiffre, plus que sur le nombre de lits, que se jouera la fin de l’épidémie.
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