Ebola en RDC : l’Africa CDC alerte sur les contacts perdus
L'Africa CDC a fait état le 18 juin de 875 cas confirmés et 202 décès en RDC, un mois après la déclaration de l'épidémie. Seuls 12 % des contacts attendus sont suivis, ce qui entretient la transmission.
Ebola en RDC : l’Africa CDC alerte sur les contacts perdus
AFP
BUNIA — Un mois après sa déclaration, l’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo a dépassé la barre des 200 morts. Le rapport de situation diffusé le 18 juin par le ministère de la Santé fait état de 875 cas confirmés et de 202 décès, soit un taux de létalité de 23,1 % parmi les cas confirmés. Sur la même période, 67 personnes ont été déclarées guéries et 379 patients se trouvaient en isolement ou hospitalisés.
Quarante nouveaux cas confirmés, dont quatre décès, ont été enregistrés en Ituri et au Nord-Kivu. Deux zones de santé supplémentaires — Fataki en Ituri et Musienene au Nord-Kivu — sont désormais touchées, portant à 33 le nombre de zones affectées dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Ituri reste l’épicentre, avec 799 cas confirmés, soit 91,3 % du total, et 158 décès. Le Nord-Kivu compte 73 cas et 43 décès, le Sud-Kivu trois cas et un décès. En Ouganda voisin, 19 cas ont été confirmés, dont deux mortels et sept guérisons.
La recherche des contacts demeure le maillon faible de la riposte. Lors d’un point de presse en ligne le 18 juin, l’Africa CDC a indiqué qu’environ 12 % seulement des contacts attendus faisaient l’objet d’un suivi actif. Sur quelque 35 000 contacts estimés au regard du nombre de cas, près de 6 500 avaient été répertoriés et un peu plus de 4 100 étaient effectivement suivis. « Les contacts manqués entretiennent la transmission », a averti l’agence sanitaire de l’Union africaine.
« Pour ce virus Bundibugyo, nous n’avons pas de vaccin, nous n’avons pas de traitement », a rappelé Wessam Mankoula, responsable à l’Africa CDC, qui a insisté sur le rôle décisif de l’identification des cas et du traçage des contacts. Selon lui, les équipes devraient suivre 90 à 95 % des contacts attendus pour briser les chaînes de transmission. « Nous sommes encore loin de maîtriser cette épidémie », a-t-il ajouté, la décrivant comme la plus importante flambée d’Ebola jamais enregistrée à ce stade d’évolution.
Les capacités ont toutefois progressé. Le délai d’analyse des tests, de cinq à huit jours au début de l’épidémie, est ramené à 24 heures ; 21 000 tests ont été livrés à la RDC, à l’Ouganda, au Soudan du Sud et au Burundi, et plus de 27 000 autres sont attendus. Le pays dispose de neuf centres de traitement totalisant environ 433 lits, occupés à 86 %, et neuf structures supplémentaires sont en cours d’installation.
Le rapport du ministère pointe plusieurs obstacles persistants : réticence aux prélèvements post-mortem, capacités insuffisantes des centres de traitement, faiblesse du traçage des contacts, pénurie de matériel de prévention et de contrôle des infections au Nord-Kivu, et un déficit de financement de 21,5 millions de dollars. Réunis en visioconférence le 16 juin sous l’égide de l’Union africaine, les bailleurs ont annoncé 910 millions de dollars de promesses, dont 80 millions des États membres de l’UA.
Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola déclarée en RDC et de la première due à la souche Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin ni traitement n’est homologué : le vaccin Ervebo ne protège que de la souche Zaïre. La riposte repose donc sur les mesures classiques de santé publique — détection précoce, isolement, recherche des contacts et enterrements dignes et sécurisés. L’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai.
Comment lire ces chiffres
Les bilans qui ont circulé ces dernières semaines paraissent contradictoires parce qu’ils ne mesurent pas la même chose. Le chiffre de « 900 cas / 204 décès » évoqué fin mai recensait des cas suspects, et non confirmés en laboratoire. La révision à la baisse opérée par l’OMS début juin correspondait au tri des cas après confirmation biologique, pas à un recul de l’épidémie. Et dans une flambée qui évolue vite, chaque rapport vieillit en quelques jours. Le seul indicateur publiable est le dernier bilan confirmé daté et attribué à sa source : ici, le rapport de situation du ministère de la Santé du 18 juin (875 confirmés / 202 décès).
Sources : Rapport de situation du ministère de la Santé de la RDC (18 juin 2026), via le point de presse de l’Africa CDC du 18 juin, relayé par Xinhua. Numéro vert national : 151.
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