Sécurité & Défense Mambasa : sous la menace des ADF, des villages sans réseau et l’arrivée des casques bleus
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Mambasa : sous la menace des ADF, des villages sans réseau et l’arrivée des casques bleus

En Ituri, le territoire de Mambasa subit depuis près de quatre mois les attaques des ADF. Les chefs coutumiers réclament des antennes pour donner l'alerte à temps, pendant que le déploiement d'une force de la MONUSCO ranime l'espoir d'une population qui demande surtout aux FARDC de réagir vite.

Mambasa : sous la menace des ADF, des villages sans réseau et l’arrivée des casques bleus
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 1 JUILLET 2026 - 00:35 WAT · 3 min de lecture

MAMBASA. Depuis près de quatre mois, le territoire de Mambasa, en Ituri, vit au rythme des attaques des Forces démocratiques alliées (ADF). Selon des sources locales citées par Radio Okapi, des dizaines de villages ont été visés, plus de 150 personnes tuées et des milliers d’habitants déplacés. Dans une partie de ce territoire de près de 36 000 kilomètres carrés, les populations n’ont aucun moyen d’alerter les forces de sécurité.

Réunis le 25 juin à Mambasa, les chefs coutumiers des sept chefferies ont demandé aux autorités et aux opérateurs d’installer de nouvelles antennes de téléphonie. Dans la chefferie de Walesse-Bese, à la frontière du Haut-Uele, les vingt-et-un villages sont privés de réseau, ce qui facilite les incursions dans une zone où la présence des FARDC reste limitée. « Dans toute la chefferie, il n’y a pas de réseau. J’avais installé le Wi-Fi, mais les ADF sont venus le voler. Pourtant, c’était notre seul moyen de communication », témoigne le chef de Walesse-Bese, Faustin Sukari.

L’absence de couverture coûte des vies. À Babila-Bakwanza, lors d’une attaque contre le village de Bahaha, des rescapés ont parcouru quinze kilomètres à pied pour trouver un signal et prévenir l’armée. Contactés, des opérateurs de téléphonie expliquent que l’insécurité empêche le déploiement de leurs équipes techniques dans plusieurs zones de la province.

Depuis une semaine, le déploiement d’une Force d’intervention rapide de la MONUSCO à Mambasa a changé l’atmosphère. La société civile a salué cette présence le 28 juin. Pour le coordonnateur des Forces vives de Mambasa, Mungeni Yuma, l’appui aux FARDC est décisif. « Mambasa est sous la menace de l’ennemi ADF. Avec l’arrivée de la force de la MONUSCO, Mambasa sera sauvé », déclare-t-il.

Les habitants disent vouloir collaborer avec les services de sécurité, à condition que leurs alertes soient suivies d’effet. « Nous sommes censés collaborer avec les services de sécurité pour que les choses marchent. Nous l’avons toujours fait. Mais, malheureusement, les réactions sont timides ou arrivent en retard », indique Marie-Noëlle Anotane, de la Nouvelle Société civile du Congo.

Une délégation mixte de la MONUSCO séjourne à Mambasa pour recueillir les attentes de la population. Sur le terrain, la protection des civils tient encore à une équation simple, une alerte qui part à temps et une armée qui arrive avant les ADF.

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