Examen d’État : à l’Est de la RDC, l’insécurité frappe les finalistes et vide les centres
À l'Est de la RDC, l'insécurité a frappé le lancement de l'Examen d'État : des finalistes attaqués à Walikale, près d'un candidat sur deux absent à Fataki.
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AFP
WALIKALE — À l’Est de la RDC, l’insécurité a frappé le lancement de l’Examen d’État : des finalistes attaqués sur la route à Walikale, près d’un candidat sur deux absent à Fataki.
Le cas le plus grave a été signalé dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Vendredi 19 juin, une trentaine d’élèves finalistes ont été attaqués par des hommes armés non identifiés sur l’axe Kiseya–Kilambo, dans le groupement Bafuna, alors qu’ils marchaient vers les centres de passation de Ntoto et Byungu. Selon des sources locales, les élèves devaient parcourir plus de 26 kilomètres à pied. Interceptés près de la localité de Kimua, ils ont été dépouillés de leurs cahiers, téléphones et de leur argent.
Selon ces mêmes sources locales, trois élèves filles auraient subi des violences sexuelles avant que le groupe ne soit relâché, une information rapportée comme confirmée par une source du secteur éducatif provincial. Les candidats ont ensuite poursuivi leur route et rejoint les centres d’examen.
Le responsable du secteur éducationnel Nord-Kivu 3 indique que les épreuves ont bien débuté lundi dans les 60 centres couvrant les territoires de Masisi et Walikale, où 18 273 candidats, dont 7 103 filles, sont attendus. Des notables de Walikale dénoncent une insécurité persistante, qu’ils attribuent à la présence de groupes armés, et réclament des mesures urgentes pour protéger les candidats et les civils.
Plus au nord, en Ituri, le territoire de Djugu offre l’autre visage de cette rentrée d’examen sous contrainte. Au centre de Fataki-Centre, près de la moitié des candidats ne se sont pas présentés aux épreuves lancées lundi 22 juin. Sur 263 finalistes attendus, 138 seulement étaient présents, dont 78 filles : 125 manquaient à l’appel, soit un taux d’absence d’environ 48 %.
Gilbert Dekodonza, inspecteur principal de l’Enseignement primaire, secondaire et technique du pool Djugu 1, attribue cette déperdition aux conflits armés qui vident les localités de leurs habitants. Il cite les affrontements entre les miliciens de la Convention pour la révolution populaire et les FARDC dans la zone de Bule depuis décembre 2025, ainsi que les exactions imputées aux groupes armés dans le territoire de Djugu. « Voilà, ces enfants n’ont pas présenté l’examen d’État », déplore-t-il.
L’insécurité avait déjà perturbé la préparation des épreuves : à la veille du lancement, le secteur de Katoyi, à Masisi, était pris dans les combats. Plusieurs notables de la région demandent au gouvernement l’organisation d’une session de rattrapage spéciale pour les élèves déplacés, et exhortent le nouveau gouverneur de l’Ituri à restaurer l’autorité de l’État dans les zones de conflit, condition du retour des familles.
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