Politique Un haut responsable de l’ONU évoque un rapport accusant la Garde républicaine, l’ANR et la Police

Un haut responsable de l’ONU évoque un rapport accusant la Garde républicaine, l’ANR et la Police

Dans un communiqué parvenu à Politico.cd, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein affirme avoir reçu des rapports indiquant que la Garde républicaine, l'ANR et la Police avaient mené des raids contre des civiles à Kinshasa.

Un haut responsable de l’ONU évoque un rapport accusant la Garde républicaine, l’ANR et la Police
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 22 SEPTEMBRE 2016 - 15:14 WAT · 3 min de lecture

Zeid Ra’ad Al Hussein a émis une forte mise en garde jeudi contre « la détérioration de la situation » en République démocratique du Congo (RDC), insistant sur le fait que des « comptes devaient être rendus pour la mort de dizaines de civils et autres violations des droits de l’homme commises lors de la flambée de violence survenue en début de semaine »

Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plusieurs morts le 19 et le 20 septembre à Kinshasa, où  l’opposition est descendue dans la rue pour réclamer la tenue de la présidentielle « dans le délai constitutionnel« . La Police Nationale Congolaise (PNC) annonce un bilan provisoire d’au moins 32 morts, alors que les opposants de l’UDPS avancent plus de 100 personnes tuées.

« Je suis profondément attristé par l’explosion de violence survenue récemment dans la capitale, Kinshasa. Le nombre important de victimes civiles, l’incendie du siège de plusieurs partis politiques et la situation toujours très tendue sont un avertissement clair qu’une crise de grande envergure pourrait survenir très prochainement », a déclaré le Haut-Commissaire, dont les propos sont rapportés par UN. org.

Zeid Ra’ad Al Hussein a déclaré avoir reçu des rapports indiquant que la Garde républicaine, l’Agence nationale de renseignements (ANR) et la Police nationale congolaise (PNC) avaient mené des raids et des perquisitions dans des résidences de certains quartiers de la capitale, empêchant les civils de quitter leurs maisons pendant plusieurs heures.

Il a aussi fait part de sa préoccupation toute particulière concernant les allégations de détention arbitraire par la police non seulement à Kinshasa, mais aussi à Kisangani, Tshikapa et Goma, y compris à l’encontre de journalistes qui tentaient de couvrir les manifestations dans la capitale le 19 septembre. Selon des rapports, quelque 300 personnes auraient été arrêtées depuis lundi.

«Des civils ont été tués par des tirs dans la tête ou à la poitrine, et je condamne fortement la force excessive dont ont clairement fait usage les forces de défense et de sécurité à l’encontre de manifestants dans la capitale. Je suis tout particulièrement choqué par des rapports selon lesquels des hommes en uniforme ont directement pris part à certaines des attaques contre les sièges de six partis politiques d’opposition, dont celui de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) », a déclaré M. Zeid.

M. Zeid a également « condamné fortement » les attaques par des assaillants non identifiés contre le siège du parti au pouvoir, un tribunal, une école et plusieurs bâtiments gouvernementaux, dont des stations de police, et d’autres actes criminels, parmi lesquels des pillages et des destructions de propriété. Il a insisté sur le fait que l’enquête devrait aussi chercher à identifier les personnes responsables de ces attaques et garantir qu’elles répondent de leurs actes, en conformité avec la loi.

« Mon organisation est prête à fournir tout le soutien nécessaire aux autorités congolaises dans leurs enquêtes », a déclaré le Haut-Commissaire.

Le gouvernement a pour sa part pointé la réponsabilité des opposants dans ces actes de pillages. Dans communication mercredi 21 septembre à la presse, le procureur général de la République, Flory Kabange Numbi a annoncé l’arrestation des auteurs matériels et intellectuels des pillages, viols, incendies et tueries perpétrés lundi et mardi derniers dans la ville de Kinshasa, lors de la marche de l’opposition. D’apres lui, ces faits sont graves et passibles de peine de prison.

Avec UN.org.


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B
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