Partis & Coalitions La semaine des affrontements : Kinshasa entre la marche du 22 et la contre-marche du 24 juillet

La semaine des affrontements : Kinshasa entre la marche du 22 et la contre-marche du 24 juillet

Opposition le 22, UDPS le 24, Église qui pousse au report : avant même le dialogue, la rue s'impose comme le premier terrain de la crise congolaise.

La semaine des affrontements : Kinshasa entre la marche du 22 et la contre-marche du 24 juillet
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 20 JUILLET 2026 - 12:51 WAT · 4 min de lecture

En quelques jours, Kinshasa va vivre au rythme des cortèges. Le 22 juillet, l’opposition réunie dans la Coalition Article 64 doit marcher vers le Palais de la Nation. Le 24, c’est l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi, qui promet d’occuper la rue à son tour. Entre les deux, une Église qui tente d’éteindre la mèche, et un pouvoir qui a choisi de ne pas croiser le fer le même jour. Avant même que le dialogue national annoncé le 17 juillet n’ait fixé son ordre du jour, la rue s’est imposée comme le premier terrain de la séquence.

La marche de l’opposition est la plus ancienne des échéances. Prévue d’abord le 8 juillet, elle avait été reportée au 22 pour permettre à une délégation de la C64 de se rendre à Bujumbura, auprès du médiateur régional. La coalition la maintient désormais, et lie sa suspension à une condition : que le chef de l’État renonce « publiquement et définitivement à son projet de changement de Constitution ». Le cortège doit converger vers le Palais de la Nation, dans le prolongement des journées de « ville morte » du 3 juin et du sit-in du 12 juin.

C’est cette marche que les Églises ont tenté de repousser. Le 18 juillet, à l’archevêché de Kinshasa, la Conférence épiscopale nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo ont consulté les responsables de la C64 « afin d’obtenir le principe du report », au nom de la médiation que le chef de l’État vient de leur confier. La coalition n’y a pas accédé. À quelques jours de l’échéance, la marche vers le Palais de la Nation est maintenue.

Le camp présidentiel a répondu par la rue, mais pas le même jour. Réuni le 19 juillet en matinée politique au siège de l’UDPS, le secrétaire général Augustin Kabuya a annoncé une contre-marche pour le 24 juillet, deux jours après celle de l’opposition. « La rue, c’est nous », a-t-il lancé. Le choix de la date n’est pas neutre : Kabuya a écarté l’idée d’un face-à-face le 22. « Laissons les opposants organiser leur marche calmement », a-t-il dit, pour ne pas « donner à l’opposition l’occasion de se victimiser en cas d’échec de sa manifestation ». Le pouvoir préfère la démonstration de force différée à l’affrontement direct.

Cette prudence tranche avec une autre voix du même camp. Quelques jours plus tôt, depuis Yaoundé, le porte-parole de l’Union sacrée, André Mbata Mangu, avait appelé, lui, à se mobiliser dès le 22 juillet, le jour même de l’opposition, dénonçant une « tentative de coup d’État ». Entre le 22 de Mbata et le 24 de l’UDPS, la majorité ne parle pas d’une seule date. La rue expose ses divisions autant que celles de l’opposition.

Reste l’inconnue de la semaine : ce que ces cortèges produiront. Trois issues se dessinent. Le report, si les Églises obtiennent in extremis ce qu’elles n’ont pas encore décroché. Le maintien pacifique, chaque camp défilant à sa date. Le dérapage, que redoutent les autorités municipales, dans une capitale tendue où les itinéraires convergent vers les mêmes symboles du pouvoir. La question de l’autorisation, arbitrée par l’Hôtel de Ville, sera décisive : l’opposition affirme avoir déposé sa demande pour le 22.

Le dialogue, lui, n’a pas commencé. Mais la semaine qui s’ouvre en fixera par avance le rapport de force. Celui qui remplira le mieux la rue, ou celui qui saura éviter l’incident, arrivera à la table en position de force. Avant de discuter, chacun compte ses pas.

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B
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