Insécurité à Kinshasa : à Ngaliema, des maisons forcées porte après porte dans la nuit
À Ngaliema, des hommes armés ont forcé des parcelles de nuit. Le récit d'une insécurité urbaine qui gagne les quartiers résidentiels de Kinshasa.
Insécurité à Kinshasa : à Ngaliema, des maisons forcées porte après porte dans la nuit
AFP
C’est entre trois et quatre heures du matin que les habitants d’une parcelle de Ngaliema, aux environs de l’arrêt Brikin et du collège REKA, ont vu des hommes lourdement armés ouvrir leurs portes une à une. La nuit du lundi 25 au mardi 26 mai, les assaillants ont forcé les logements de l’enclos les uns après les autres, emporté de l’argent et des biens, blessé des occupants et violé des femmes, avant de disparaître sans qu’aucune force de sécurité n’intervienne, selon des témoins joints par Radio Okapi. « Nous avons passé une nuit très agitée, de 3 h à 4 h du matin, sans l’intervention de la police. Ces criminels avaient des machettes, des armes et d’autres matériels qui leur ont permis d’ouvrir chaque porte de la parcelle. Il y a eu des cas de vols, de viols, de tortures, et certains ont reçu des coups de machette », a témoigné l’un d’eux.
L’attaque n’a rien d’isolé. Dans cette commune de l’ouest de Kinshasa, les cambriolages à main armée et les agressions nocturnes se répètent au fil des mois. Dans la nuit du 12 novembre 2025, au quartier Camp Munganga, des bandits munis d’armes à feu avaient tué une personne et grièvement blessé une autre en s’introduisant dans des maisons, face à l’école Mafuta. Un notable du quartier, Antoine Celio Basele, avait décrit des malfaiteurs qui repéraient les points faibles avant de frapper : « Ils ont essayé d’entrer à Mafuta, ça n’a pas marché. Et puis, ils sont allés voir là où la porte était facilement ouvrable. » Fin mars 2026, au quartier Delvaux, huit individus cagoulés circulant à moto avaient dévalisé un shop, tiré en l’air pour semer la panique et arraché une somme d’argent au commerçant. Le braquage avait été confirmé par le bourgmestre adjoint de la commune, Jules Kabanga.
Le phénomène déborde Ngaliema. En août 2025, des bandits avaient pillé près de soixante-dix maisons en une seule nuit à Mont-Ngafula, commune voisine, là encore sans réaction des forces de l’ordre selon les riverains. À Ngaliema, les habitants du quartier Dimanga réclament l’installation urgente d’un poste de police et d’un sous-CIAT sur l’avenue Kananga ou Reka, pour couper court à ce qu’ils décrivent comme une spirale d’insécurité. Interrogé après l’attaque de mai, le bourgmestre de la commune a affirmé ne pas avoir été informé de la situation et a promis de revenir avec davantage de détails.
Combien de foyers ont été visés cette nuit-là reste imprécis. Les témoignages parlent d’une parcelle entière forcée, sans décompte communiqué par la police ni par la commune. Aucun bilan officiel de victimes n’a été rendu public, et aucune arrestation n’a été annoncée dans les jours qui ont suivi. La sécurisation des quartiers périphériques de Ngaliema, promise après chaque incident, se mesurera à la présence policière que réclament les habitants, plus qu’aux déclarations qui suivent les attaques.