Fally Ipupa et Ferré Gola ne sont pas seulement deux stars comparées par leurs fans. Ils incarnent deux modèles de la musique congolaise contemporaine : l’un tourné vers la mondialisation de la rumba, l’autre vers la centralité de la voix et de la nuance. BETO raconte le duel qui structure la cinquième génération.
En deux ans, Fally Ipupa, Ferre Gola et Fabregas ont rempli les plus grandes salles d'Europe, du Stade de France à l'Accor Arena. La cinquième génération de la rumba congolaise part à la conquête du monde.
À l'approche des cinq ans de l'inscription de la rumba au patrimoine de l'humanité, la RDC a déjà ses musées et ses cérémonies. Mais la chaîne qui rémunère les artistes, elle, reste en panne.
Dans l’histoire de Viva La Musica, King Kester Emeneya apparaît comme l’un des fils les plus brillants de la maison Papa Wemba. Puis il part, fonde Victoria Eleison et impose une autre noblesse musicale : voix de velours, modernité, synthétiseurs, élégance et ambition internationale. Ce duel n’est pas seulement une rupture : c’est une filiation qui se transforme en royaume concurrent.
Zaïko Langa Langa a incarné la grande rupture jeune de la rumba congolaise. Puis certains de ses enfants sont partis, et Papa Wemba a fini par fonder Viva La Musica, autre mythe de Kinshasa, autre école de style, autre manière d’habiter la scène. Ce duel n’oppose pas seulement deux orchestres : il raconte ce qui arrive quand une révolution musicale engendre sa propre dissidence.
Au tournant des années 2000, la musique congolaise ne se joue plus seulement dans les bars de Kinshasa. Elle se joue à Bercy, au Zénith, dans les clips, dans les Kora, dans les fanbases et dans la diaspora. Koffi Olomidé et Werrason ne viennent pas de la même matrice directe, mais leur face-à-face incarne une même question : qui peut régner sur l’époque ndombolo ?
Dans une vidéo en lingala publiée vendredi soir, le célèbre animateur des Léopards Lumumba Vea annonce avoir quitté l'hôtel parisien où loge la délégation et accuse son confrère Evoloko de jalousie professionnelle. Il dit craindre pour sa sécurité.
Avant les grandes guerres de fanbases, il y eut une fracture plus ancienne, plus musicale, presque fondatrice : celle de Tabu Ley Rochereau et Dr Nico Kasanda. L’un portait la voix, l’élégance, le chant et le leadership scénique. L’autre portait la guitare, la finesse, l’invention mélodique. Ensemble, ils ont donné un sommet à African Fiesta. Séparés, ils ont ouvert deux routes majeures de la rumba congolaise.
Avant d’être racontée comme une rivalité, l’histoire de Papa Wemba et Koffi Olomidé commence par une proximité créative. D’un côté, le chef de Molokaï, la Sape, Viva La Musica et l’aura du rossignol. De l’autre, l’homme-idée, le tcha tcho, Quartier Latin et une manière très moderne de transformer la chanson en pouvoir.
Dans les années 1970, la musique congolaise est dominée par des orchestres masculins, des chefs masculins et des publics habitués à commenter les femmes plus qu’à les écouter. Abeti Masikini et M’Pongo Love ont déplacé cette histoire. L’une impose la scène, la discipline et l’ambition internationale ; l’autre impose une voix, une douleur, une dignité féminine et un lien profond avec Kinshasa.