Zaïko Langa Langa a incarné la grande rupture jeune de la rumba congolaise. Puis certains de ses enfants sont partis, et Papa Wemba a fini par fonder Viva La Musica, autre mythe de Kinshasa, autre école de style, autre manière d’habiter la scène. Ce duel n’oppose pas seulement deux orchestres : il raconte ce qui arrive quand une révolution musicale engendre sa propre dissidence.
Au tournant des années 2000, la musique congolaise ne se joue plus seulement dans les bars de Kinshasa. Elle se joue à Bercy, au Zénith, dans les clips, dans les Kora, dans les fanbases et dans la diaspora. Koffi Olomidé et Werrason ne viennent pas de la même matrice directe, mais leur face-à-face incarne une même question : qui peut régner sur l’époque ndombolo ?
Dans une vidéo en lingala publiée vendredi soir, le célèbre animateur des Léopards Lumumba Vea annonce avoir quitté l'hôtel parisien où loge la délégation et accuse son confrère Evoloko de jalousie professionnelle. Il dit craindre pour sa sécurité.
Avant les grandes guerres de fanbases, il y eut une fracture plus ancienne, plus musicale, presque fondatrice : celle de Tabu Ley Rochereau et Dr Nico Kasanda. L’un portait la voix, l’élégance, le chant et le leadership scénique. L’autre portait la guitare, la finesse, l’invention mélodique. Ensemble, ils ont donné un sommet à African Fiesta. Séparés, ils ont ouvert deux routes majeures de la rumba congolaise.
Avant d’être racontée comme une rivalité, l’histoire de Papa Wemba et Koffi Olomidé commence par une proximité créative. D’un côté, le chef de Molokaï, la Sape, Viva La Musica et l’aura du rossignol. De l’autre, l’homme-idée, le tcha tcho, Quartier Latin et une manière très moderne de transformer la chanson en pouvoir.
Dans les années 1970, la musique congolaise est dominée par des orchestres masculins, des chefs masculins et des publics habitués à commenter les femmes plus qu’à les écouter. Abeti Masikini et M’Pongo Love ont déplacé cette histoire. L’une impose la scène, la discipline et l’ambition internationale ; l’autre impose une voix, une douleur, une dignité féminine et un lien profond avec Kinshasa.
Avant les fanbases numériques, avant le ndombolo et les guerres de clans, il y eut ce face-à-face immense : Franco Luambo Makiadi et Tabu Ley Rochereau. Deux orchestres, deux publics, deux manières de chanter le Congo. BETO revient sur le duel qui a installé la rumba congolaise comme une affaire de sons, de pouvoir, de mémoire et de fidélité.
Parti des quartiers populaires de Kinshasa, passé par les orchestres, les répétitions, les paris risqués et les scènes internationales, Fally Ipupa a été décoré par Félix Tshisekedi. Au-delà de la médaille, c’est une trajectoire congolaise que la République a saluée : celle d’un enfant qui a transformé son manque en discipline, son rêve en méthode et sa musique en drapeau.