Sécurité & Défense Ituri : quatre mois après l’attaque de Muchacha, la société civile réclame un déminage avant le retour des habitants
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Ituri : quatre mois après l’attaque de Muchacha, la société civile réclame un déminage avant le retour des habitants

La vie repart dans quatre groupements de la chefferie des Bombo. Ce qui reste enfoui dans le sol conditionne la suite.

Ituri : quatre mois après l’attaque de Muchacha, la société civile réclame un déminage avant le retour des habitants
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 17 JUILLET 2026 - 23:41 WAT · 4 min de lecture

Le calme est revenu à Muchacha. Le sol, lui, n’a pas été inspecté. Samedi 11 juillet, quatre mois jour pour jour après l’attaque du site minier situé dans la chefferie des Bombo, en territoire de Mambasa, la Société civile du Congo de cette entité coutumière a fait état d’un retour progressif de la paix dans quatre groupements et invité les habitants qui avaient fui à rentrer chez eux. Elle a assorti cet appel d’une condition : que le Service de lutte antimines des Nations unies vienne d’abord détruire les engins explosifs laissés par les assaillants.

L’attaque remonte à la nuit du 11 au 12 mars. Elle a visé les carrés miniers du périmètre de Muchacha et de Mavuvu. Plus de quarante personnes ont été tuées selon la société civile locale, des maisons ont été incendiées, des civils enlevés. L’opération a été revendiquée par l’organisation État islamique et attribuée à des combattants ADF venus des Bapere, dans le territoire de Lubero. Le gouvernement congolais l’avait condamnée le 15 mars. L’opérateur MCC Ressources avait suspendu ses activités. Le 25 mars, les FARDC annonçaient avoir repris le contrôle du site.

L’ampleur du problème est documentée à l’échelle nationale. Le 3 avril, l’UNMAS annonçait avoir recensé 357 zones contaminées à travers la RDC, principalement dans l’Est, et rappelait que ces engins limitent l’accès aux terres agricoles et aux infrastructures et freinent le retour des déplacés. En Ituri, la découverte d’engins explosifs est devenue fréquente dans les territoires de Djugu et d’Irumu. Environ 25 d’entre eux avaient été neutralisés depuis le début de l’année 2026, selon des sources sécuritaires citées par Radio Okapi. D’autres restaient inaccessibles, à Jiba, Fataki et Bule, en raison des opérations militaires en cours.

Les moyens, eux, se contractent. « Nous avons aujourd’hui plus de 43 zones identifiées comme contaminées. Mais avec la réduction des financements, nos opérations sont passées de plusieurs provinces à seulement deux. Pourtant, la menace reste bien présente et nécessite plus de moyens pour protéger les populations », déclarait Charles Félix, chargé des opérations de DanChurchAid en RDC, le 2 avril à Kinshasa, lors d’une rencontre organisée à l’ambassade de Belgique. Le Centre congolais de lutte antimines, structure de l’État, situe son propre point faible. « Cette journée du 4 avril vise à sensibiliser, mobiliser les partenaires et renforcer l’assistance aux victimes, qui reste un pilier encore faible », indiquait son coordonnateur, Emmanuel Lokinu Omanga.

Le retour appelé par la SOCICO se heurte à un second obstacle, celui de la subsistance. Le territoire de Mambasa, à 165 kilomètres au sud-ouest de Bunia, compte plus de 80 000 déplacés depuis janvier, selon la société civile. Sept localités sont presque entièrement vidées : Babesua, Muchacha, Bafwakoa, Salate, Tepe, Itembo et Badengaido. La plupart des sinistrés ont trouvé refuge à Mambasa-centre et à Niania, dans des familles d’accueil. Environ 750 ménages ont reçu une aide financière d’urgence de Caritas.

« La situation humanitaire est encore préoccupante. Depuis le début de l’année, avec toutes les incursions des ADF, les trois quarts des déplacés n’ont pas encore bénéficié de l’assistance », déclarait le 6 juillet Marie Noëlle Anotane, membre de la société civile du Congo. Les forces vives du territoire demandent au gouvernement le déploiement de renforts des FARDC pour sécuriser les axes et permettre le retour dans les villages d’origine.

Le 12 juillet, vingt civils enlevés par les ADF ont été libérés à Mambasa après plusieurs jours de captivité.

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