Géopolitique Évariste Ndayishimiye à Kinshasa ce jeudi, deux mois après sa visite d’État et sa médiation

Évariste Ndayishimiye à Kinshasa ce jeudi, deux mois après sa visite d’État et sa médiation

Le président burundais et président en exercice de l'Union africaine effectue une visite de travail à Kinshasa, six semaines après des consultations qui n'ont rien débloqué.

Évariste Ndayishimiye à Kinshasa ce jeudi, deux mois après sa visite d’État et sa médiation
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 20 AOÛT 2026 - 09:47 WAT · 3 min de lecture

Évariste Ndayishimiye revient à Kinshasa. Le président burundais, qui exerce également la présidence en exercice de l’Union africaine, effectue ce jeudi 20 août une visite de travail en République démocratique du Congo, selon un communiqué du bureau chargé de l’information et du porte-parolat de la présidence burundaise, signé à Gitega par Nancy-Ninette Mutoni. Le texte, numéroté 17/2026, ne dit rien du programme ni de la durée du séjour.

C’est le troisième acte d’une séquence engagée en juin. Le 22 juin, le même chef d’État était arrivé à Kinshasa pour une visite d’État de quarante-huit heures, avec la sécurité de l’Est et la riposte contre Ebola au menu des entretiens avec le président Félix Tshisekedi. Il y avait lancé un appel à l’unité des Congolais face à ce qu’il a désigné comme l’ennemi commun, et s’était engagé pour une médiation africaine assortie d’un mécanisme de suivi.

Les consultations de Bujumbura, et ce qu’elles n’ont pas produit

Deux semaines plus tard, le médiateur a déplacé le dossier chez lui. Le 6 juillet à Bujumbura, il a ouvert une série d’audiences avec les Églises de Réveil, la CENCO-ECC et la Coalition Article 64, avant une rencontre commune. Le camp de Joseph Kabila, lui, a décliné l’invitation, selon José Makila.

L’exercice a divisé ceux qu’il devait rassembler. Il a nourri une passe d’armes entre José Makila et Martin Fayulu, et la C64 a ensuite précisé que son audience relevait d’une initiative du médiateur burundais consécutive à ses échanges avec Félix Tshisekedi, sans négociation à la clé. La rencontre n’a rien débloqué, et la coalition a maintenu sa pression sur le référendum.

Six semaines ont passé, et le calendrier congolais s’est durci. L’ultimatum que la C64 avait fixé au 15 août a expiré sans acte formel convoquant le dialogue national. La coalition a reporté sa mobilisation au 15 septembre, jour de la rentrée parlementaire, où le Parlement doit reprendre l’examen de la loi référendaire renvoyée en nouvelle délibération. Le président Félix Tshisekedi a annoncé depuis Libreville une adresse à la nation sur les contours du dialogue.

Gitega n’est pas un médiateur neutre par la géographie. Le Burundi partage avec la RDC une frontière que la guerre traverse, et Kinshasa et Bujumbura ont resserré leurs liens militaires face aux défis sécuritaires. Le pays accueille par ailleurs des réfugiés congolais chassés par la guerre, dont Kinshasa réclame un soutien international au rapatriement.

Reste la question que le communiqué de Gitega laisse ouverte : ce déplacement relève-t-il de la coopération bilatérale, du mandat de l’Union africaine ou de la médiation entamée en juillet. Aucune des deux présidences n’a publié d’ordre du jour.

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