Nord-Kivu : plus de 5 000 enfants de militaires engagés au front privés d’école faute de moyens financiers
DRC/ CAR refugee children attending primary school in Boyabu refugee camp in the DRC. Teachers are also refugees./ UNHCR/ C. Schmitt/ January 2014
AFP
L’Association des enfants des soldats au front pour la paix (ASESOFP) a lancé un cri d’alarme ce vendredi à Beni. Dans une correspondance officielle, cette organisation de défense des droits humains sollicite l’implication urgente du commandant du secteur opérationnel Sokola 1 Grand Nord afin d’obtenir une prise en charge humanitaire et scolaire en faveur des familles des militaires déployés au front.
Selon les résultats d’une enquête menée par l’ASESOFP, plus de 5 000 enfants dont les parents combattent en première ligne au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) n’ont pas pu s’inscrire ou poursuivre leur scolarité au cours de l’année scolaire écoulée, faute de moyens financiers.
L’association estime que cette situation plonge ces familles dans une grande précarité, alors même que leurs parents risquent quotidiennement leur vie pour défendre l’intégrité territoriale du pays face aux groupes armés.
Au-delà de la déscolarisation, les conditions de vie de ces familles restent particulièrement préoccupantes dans la province du Nord-Kivu. Selon l’ASESOFP, nombre d’entre elles vivent dans des camps de fortune ou des habitations inadaptées. En raison de l’insuffisance des revenus, certains enfants sont contraints de mendier dans les rues pour subvenir à leurs besoins.
L’organisation met également en garde contre les conséquences de cette situation. L’oisiveté et l’exclusion scolaire exposent ces enfants à la délinquance, à l’exploitation ainsi qu’au risque de recrutement par des groupes armés actifs dans la région.
Face à ce qu’elle qualifie de « crise humaine oubliée », l’ASESOFP appelle les autorités militaires à prendre des mesures urgentes. Elle plaide notamment pour l’exemption des frais scolaires en faveur des enfants des militaires engagés au front, l’octroi d’une assistance humanitaire d’urgence comprenant des vivres, des soins de santé et des kits scolaires, ainsi que la mise en place d’une allocation spécifique destinée aux épouses des soldats déployés.
Cette association rappelle enfin que la stabilité sociale, économique et psychologique des familles des militaires constitue un facteur essentiel pour préserver le moral des troupes engagées sur les lignes de front dans le Nord-Kivu.
Azarias Mokonzi
Le nouveau campus de l’Université de Kananga officiellement remis au comité de gestion
Raïssa Malu salue deux premières dans la même nuit : résultats de l’Examen d’État et victoire des Léopards