« Je parle lingala, mais je ne suis jamais allé au Congo » : Jean-Philippe Mateta, fils du Congo en bleu
Le seul fils de la RDC des Bleus, fils d’un footballeur congolais.
Jean-Philippe Mateta parle lingala. C’est la langue de Kinshasa, celle de son père. Mais il n’a jamais posé un pied au Congo. « Je parle lingala, mais je ne suis jamais allé au Congo. Je vais y aller plus tard », confiait l’avant-centre de Crystal Palace début 2025. Né à Sevran, en Seine-Saint-Denis, le 28 juin 1997, il dispute le Mondial 2026 sous le maillot de la France, seul joueur d’origine congolaise des vingt-six de Didier Deschamps.
Le lien avec la RD Congo lui vient de ce père, ancien footballeur qui a joué au pays avant de poursuivre à Liège, en Belgique. La RDC aurait pu réclamer le fils. Lui a tranché sans détour, et sans s’excuser. « Choisir de représenter la France était logique parce que je n’ai jamais mis les pieds là-bas, dit-il. J’ai eu la pression de ma famille, mais j’ai dû prendre cette décision. » Sa mère, ajoute-t-il, « y retourne souvent ». Lui, pas encore.
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Sa trajectoire est celle d’un buteur que personne n’attendait là. Châteauroux, un passage manqué à Lyon, l’explosion en prêt au Havre, dix-neuf buts en une saison. Puis Mayence, en Allemagne, et Crystal Palace, dont il devient le joueur de la saison 2023-2024. En mai 2025, il soulève la première Coupe d’Angleterre de l’histoire du club, passeur sur l’unique but contre Manchester City.
Deux mois plus tôt, il avait failli y laisser une oreille. En Coupe d’Angleterre, le gardien de Millwall, Liam Roberts, lui assène un coup de pied à la tête : vingt-cinq points de suture, une commotion. « Ça ne ressemblait plus à une oreille », racontera-t-il à L’Équipe. Il revient, et soulève la Cup deux mois après. À l’été 2024, il avait déjà décroché l’argent aux Jeux de Paris avec les Espoirs, troisième meilleur buteur du tournoi.
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En sélection, tout est allé vite. Première convocation chez les Bleus le 2 octobre 2025, premier but onze jours plus tard, en Islande. Rappelé pour le Mondial à la faveur de la blessure d’Hugo Ekitike, il occupe la pointe d’une attaque française d’où Randal Kolo Muani, autre enfant de la diaspora congolaise, a été écarté.
Au Mondial 2026, Mateta porte donc le lingala sur la langue et le bleu sur le maillot. Le Congo, il se promet d’y aller « plus tard ». En attendant, c’est la France qu’il représente, le seul fils de la RD Congo de la liste de Deschamps, et il l’assume sans le moindre regret.
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