Éducation & Formation RDC : « Les réformes doivent commencer à se voir dans les écoles », Raïssa Malu réunit les provinces avant la rentrée

RDC : « Les réformes doivent commencer à se voir dans les écoles », Raïssa Malu réunit les provinces avant la rentrée

Première Conférence des ministres provinciaux de l'Éducation à Kinshasa les 26 et 27 août 2026 : clarifier les responsabilités entre le central et les provinces, une semaine avant la rentrée du 1er septembre.

RDC : « Les réformes doivent commencer à se voir dans les écoles », Raïssa Malu réunit les provinces avant la rentrée
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 27 AOÛT 2026 - 09:00 WAT · 5 min de lecture

Les ministres provinciaux en charge de l’Éducation et le Gouvernement central se sont réunis à Kinshasa du mercredi 26 au jeudi 27 août 2026 pour la Conférence des ministres provinciaux de l’Éducation. Les assises se tiennent au Pullman Hôtel, en marge de la Revue annuelle des performances 2026, sous la présidence de la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga. Leur thème : « Une gouvernance éducative plus efficace : clarifier les responsabilités, accélérer les réformes, réussir la rentrée ». La rentrée scolaire 2026-2027 est fixée au mardi 1er septembre.

Un format de concertation inédit

Le ministère présente la conférence comme davantage qu’une restitution des résultats de l’année scolaire 2025-2026. Il s’agit d’ouvrir un dialogue direct entre le niveau central et les vingt-six provinces, d’identifier les difficultés et de convenir des priorités.

« C’est la première fois que nous nous retrouvons dans ce format, entre responsables politiques en charge de l’éducation. Je m’en réjouis, car je souhaite que ces échanges nous permettent de renforcer notre collaboration et d’installer entre nous une relation de confiance directe et régulière », a déclaré Raïssa Malu Dinanga dans son discours d’ouverture.

La décentralisation sans rupture de la vision nationale

L’articulation entre les compétences du Gouvernement central et celles des provinces occupe une place centrale dans les travaux. La ministre d’État a posé le principe : « La République a une seule politique nationale et une même ambition pour tous les enfants congolais. Sa mise en œuvre doit cependant tenir compte de la diversité de nos provinces. C’est là tout l’enjeu de la décentralisation : préserver la cohérence nationale tout en permettant à chaque province d’exercer pleinement les compétences qui lui reviennent. »

Elle en tire une méthode de travail : « Nous devons donc mieux articuler nos interventions, traiter au niveau provincial ce qui doit l’être, faire remonter rapidement ce qui appelle une réponse nationale et agir conjointement lorsque cela est nécessaire. »

Les contraintes diffèrent d’une province à l’autre. Insécurité, déplacements de populations, risques sanitaires, insuffisance d’infrastructures, manque d’enseignants et difficultés de fonctionnement des services pèsent inégalement sur la continuité scolaire. « Les situations de crise nous le rappellent. La continuité des apprentissages ne s’improvise pas. Elle se prépare en amont, avec des responsabilités bien comprises et une information qui circule rapidement », a souligné la ministre d’État.

Faire descendre les réformes jusque dans les classes

La conférence porte aussi sur la territorialisation des réformes engagées. Raïssa Malu Dinanga a demandé aux responsables provinciaux d’examiner leur déploiement concret, et fixé le critère auquel elle veut les mesurer.

« Les réformes doivent commencer à se voir dans les écoles et à entrer dans les classes. La gratuité doit continuer à soutenir davantage les familles, les nouveaux programmes doivent progressivement transformer les apprentissages, les clubs de veille citoyenne doivent faire vivre concrètement la nouvelle citoyenneté, les cantines doivent commencer à servir effectivement les enfants et nos outils de gestion doivent rendre les procédures plus simples et les données plus fiables », a-t-elle énuméré.

Les enseignants au cœur des échanges

La situation des personnels a occupé une part des discussions. Raïssa Malu Dinanga l’a rappelé : « Mais toutes ces réformes reposent au quotidien sur les enseignants. Leur situation doit rester au cœur de nos préoccupations. »

Au niveau national, le Gouvernement poursuit quatre chantiers : la mécanisation, la paie, l’assainissement du fichier et la retraite des enseignants. Raïssa Malu Dinanga a demandé aux banques et autres agents payeurs d’améliorer la qualité de leurs services, et invité les provinces à agir selon leurs compétences et leurs moyens.

« Il ne s’agit pas seulement de primes. Selon les réalités locales, les initiatives peuvent contribuer à améliorer les conditions de travail, l’accès à certains services ou l’accompagnement des enseignants. Mettons en commun les bonnes expériences et cherchons, à chaque niveau, ce qui peut être fait concrètement », a-t-elle plaidé.

Une feuille de route plutôt qu’une liste de recommandations

La ministre d’État a fixé le critère de réussite des deux journées. « Nous ne sommes pas ici pour ajouter une nouvelle série de recommandations aux précédentes. Nous devons sortir de cette conférence avec une compréhension plus claire de nos rôles, quelques engagements réalistes et une feuille de route commune pour l’année scolaire 2026-2027 », a-t-elle insisté.

La démarche s’inscrit dans les orientations formulées par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors de la 96e réunion du Conseil des ministres, en vue d’une rentrée apaisée et inclusive. Au terme des travaux, le Gouvernement central et les exécutifs provinciaux doivent disposer d’une feuille de route commune pour l’année scolaire qui s’ouvre.

Christian T. ÉZÉCHIEL

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