Sécurité & Défense 6 000 à 7 000 soldats rwandais dans les Kivu, et une base sur l’île d’Idjwi

6 000 à 7 000 soldats rwandais dans les Kivu, et une base sur l’île d’Idjwi

Le rapport de l'ONU estime 6 000 à 7 000 soldats rwandais dans les Kivu et documente une base de l'armée rwandaise sur l'île congolaise d'Idjwi.

6 000 à 7 000 soldats rwandais dans les Kivu, et une base sur l’île d’Idjwi
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 22:21 WAT · 3 min de lecture

Le chiffre est posé par l’ONU elle-même, avec la prudence d’une estimation basse. Dans son rapport à mi-parcours S/2025/858, le Groupe d’experts écrit que, selon une évaluation prudente, « entre 6 000 et 7 000 membres de la FDR, constituant au minimum deux brigades et deux bataillons de forces spéciales, restaient déployés dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ». Six à sept mille soldats de l’armée rwandaise, la Force de défense rwandaise, sur le sol congolais.

Ces troupes ne sont pas des égarées de frontière. Le rapport précise qu’il s’agit de formations organisées par tâches et par missions, « créées spécifiquement pour l’opération transfrontalière en République démocratique du Congo », avec des éléments de forces spéciales et un grand nombre de réservistes. Une armée constituée pour une guerre décidée ailleurs.

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Le fait neuf est logistique. Le Groupe documente une base établie par la FDR sur un morceau de territoire congolais au milieu du lac Kivu : « La FDR a établi une base sur l’île d’Idjwi, souvent utilisée pour le déploiement et la rotation de troupes via le lac Kivu. » Idjwi, la plus grande île du lac, appartient à la province du Sud-Kivu. En y installant un point d’appui, l’armée rwandaise s’est donné une plateforme de rotation au cœur même des eaux congolaises.

Le rôle de ces soldats n’est pas d’accompagnement. Des sources internes à l’AFC/M23, dont un commandant de haut rang, décrivent aux enquêteurs des éléments de la FDR appelés « Friendly Force » qui « gèrent les lignes de front » et « contrôlent les combattants du M23 ». Ce n’est pas une rébellion appuyée par un voisin, c’est une force étrangère qui tient la barre.

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Le déploiement suit une carte précise. Une brigade opère dans la « première zone de défense » couvrant Goma, Nyiragongo, Bwito, Rutshuru et jusqu’à Lubero. Une autre tient la « deuxième zone », du Masisi et du Walikale jusqu’à Walungu, Mwenga et Minembwe, au Sud-Kivu. Le rapport situe la FDR en tête des opérations, notamment lors des offensives anti-FDLR dans les territoires de Nyiragongo et de Rutshuru.

Kigali dément toute présence militaire en RDC. Le Groupe d’experts, lui, croise témoignages, imagerie, matériel saisi et renseignement, et documente une base insulaire, des brigades nommées et un commandement effectif. Le démenti bute sur la carte.

Pour Kinshasa, ce chiffre est le cœur de son dossier. Six à sept mille soldats étrangers et une base sur une île congolaise ne relèvent pas d’un différend interne, mais d’une occupation. Le Groupe d’experts ne qualifie pas politiquement les faits. Il compte les hommes, nomme les unités et localise la base, et en confie l’examen au Conseil de sécurité.

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B
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