Les convois passent la frontière : comment les corridors miniers relient l’AFC/M23 au Rwanda
Kamanyola, Tubimbi-Luhwinja, convois franchissant la frontière : le rapport de l'ONU cartographie les corridors miniers reliant l'AFC/M23 au Rwanda.
Les convois passent la frontière : comment les corridors miniers relient l’AFC/M23 au Rwanda
AFP
La carte de la conquête épouse celle des routes. Dans le Sud-Kivu, l’AFC/M23 et la Force de défense rwandaise ont concentré leurs renforts sur une poignée de localités qui commandent l’accès aux zones minières et aux voies de transit. Le rapport à mi-parcours du Groupe d’experts de l’ONU, coté S/2025/858, situe ces renforts à Kamanyola, Katogota, Nyangezi, Luhwinja et Kaziba, « y compris des convois qui ont traversé la frontière avec le Rwanda ».
Une localité résume la logique de l’ensemble. Kamanyola se trouve sur la triple frontière entre le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo. L’annexe géographique du rapport la décrit comme un point d’entrée majeur pour les mouvements transfrontaliers de troupes et de logistique, une position qui « anchors supply lines from Rwanda into South Kivu », qui ancre les lignes d’approvisionnement venues du Rwanda vers le Sud-Kivu. Le contrôle d’un village de frontière commande une chaîne entière.
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Les axes conquis ne sont pas choisis au hasard. Le rapport souligne le contrôle du « couloir Tubimbi-Luhwinja », qui ouvre l’accès aux gisements d’or et de cassitérite de Luhwinja et à la ceinture minière de Twangiza et de Kamituga. Katogota verrouille l’entrée entre Uvira et les hauts plateaux, Nyangezi commande l’axe Bukavu-Walungu. Chaque prise sécurise à la fois une route et une mine.
La poussée vers l’ouest a la même grammaire. En septembre et en octobre, la rébellion a pris Nzibira, Luntukulu, Chulwe et Lubimbe, et des positions le long de la route provinciale 503. Le rapport y voit une tentative de s’emparer des principaux nœuds logistiques reliant Walungu, Shabunda et Mwenga, ainsi que des pistes d’atterrissage et des plaques tournantes du commerce de minerais.
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Un texte diplomatique éclaire l’horizon de cette géographie. Le cadre d’intégration économique régionale, paraphé par Kinshasa et Kigali, vise à lever les obstacles à l’exportation directe des minerais de la région, « notably tin, tantalum, tungsten, niobium, gold », l’étain, le tantale, le tungstène, le niobium et l’or. La question congolaise est de savoir qui, du fournisseur légitime ou de l’occupant, remplira ces corridors.
Pour Kinshasa, ce chapitre relie les deux dénonciations qu’il porte depuis le début, l’agression étrangère et le pillage des ressources. Les convois qui franchissent la frontière et les lignes d’approvisionnement ancrées au Rwanda donnent un tracé concret à cette accusation.
Le Groupe d’experts ne se prononce pas sur les volumes qui empruntent ces routes. Il cartographie les corridors, nomme les verrous et pointe leur ancrage transfrontalier, et en confie l’examen au Conseil de sécurité.
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