Ville morte, marche pro-réforme, sit-in annoncé au Palais du peuple : chaque camp cherche désormais à faire parler les images. Mais une rue vide, une foule serrée ou un boulevard animé ne disent jamais, seuls, ce que pense un pays. Dans cette bataille constitutionnelle, vérifier les images devient une affaire politique.
Les partisans du changement constitutionnel veulent y conduire la rue. L’opposition veut y tenir un sit-in. Plus de trente ans après la Conférence nationale souveraine, le Palais du peuple redevient le lieu où se croisent mémoire démocratique, rapport de force parlementaire et bataille autour des règles du pouvoir.
Deux jours après la ville morte appelée par l’opposition, le camp favorable au changement constitutionnel veut répondre par une démonstration inverse : non plus le silence des rues, mais leur occupation. La marche du 5 juin, portée par la Coalition citoyenne pour la Nation et des responsables de l’Église de Réveil, marque l’entrée du camp pro-réforme dans la bataille de la mobilisation populaire.
Avec l’appel à marcher pour soutenir le changement constitutionnel, Évariste Ejiba Yamapia devient l’un des visages religieux du camp pro-réforme. Son engagement montre comment une partie du champ religieux entre dans une bataille politique majeure.