Le groupe interinstitutionnel des Nations unies estime le ratio congolais à 427 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2023, l’EDS-RDC III à 746 sur la période 2017-2023. Les deux mesures ne portent ni sur la même période ni sur la même méthode.
La mortalité maternelle a doublé en Ituri depuis le 25 mai. Plus de six femmes y meurent chaque semaine de complications d'accouchement, sans avoir contracté le virus. L'appel des Nations unies pour la santé reproductive dans les zones touchées est financé à moins de 10 %.
En 2024, 2 649 270 femmes ont accouché sans payer dans 14 provinces, et le taux d'accouchements assistés a atteint 92 %. La même année, le centre Monkole recevait 8 % de ce qui lui était dû et suspendait le service. Bilan documenté d'un programme qui réussit sa couverture et bute sur sa trésorerie.
L'épidémie d'Ebola tue aussi loin des centres de traitement, et sans que le virus soit toujours en cause. Dans l'est de la RDC, la peur de la contamination éloigne les femmes enceintes des structures de santé. Résultat : des mères et des nouveau-nés meurent de causes évitables. Le Fonds des Nations unies pour la population, l'UNFPA, alerte sur cette seconde épidémie, plus silencieuse, qui monte à l'ombre de la première.