Au milieu des années 1990, le fleuve Congo ne sépare pas seulement deux capitales. Il relie deux scènes, deux publics, deux manières de faire monter la danse. D’un côté, Wenge Musica, machine kinoise de la quatrième génération. De l’autre, Extra Musica, réponse brazzavilloise rapide, nerveuse et ambitieuse. BETO revient sur un duel de rives qui a donné au ndombolo une dimension transfrontalière.
Refus du site autorisé, tentative de progression vers le Palais du Peuple, groupes de jeunes convoyés, images d'armes blanches, véhicules incendiés et guerre immédiate des récits autour des blessés. Enquête BETO sur les zones d'ombre du sit in de l'opposition du 12 juin à Kinshasa.
À cause d’Ebola et des protocoles sanitaires, les Léopards n’ont pas vécu la communion attendue avec Kinshasa avant le Mondial. Ils vont représenter un pays qu’ils ont dû éviter de trop approcher. Même Kafka aurait demandé la VAR.
Majorité et opposition soutiennent les Léopards. Mais pas toujours pour les mêmes raisons. En cas de victoire, chacun voudra sa part de drapeau. En cas de couac, le Mondial peut très vite devenir une pièce à conviction dans le procès permanent de Kinshasa.
À la fin des années 1990, la rupture de Wenge Musica ne se vit pas comme une simple séparation d’orchestre. Elle devient une affaire nationale, une ligne de fracture populaire, une bataille de sons, de scènes et de fidélités. BETO revient sur le duel JB Mpiana-Werrason, l’un des plus puissants récits modernes de la musique congolaise.
Avant les fanbases numériques, avant le ndombolo et les guerres de clans, il y eut ce face-à-face immense : Franco Luambo Makiadi et Tabu Ley Rochereau. Deux orchestres, deux publics, deux manières de chanter le Congo. BETO revient sur le duel qui a installé la rumba congolaise comme une affaire de sons, de pouvoir, de mémoire et de fidélité.
La chanteuse congolaise Déborah Tshimpaka Mulanga, alias Rebo Tchulo, est poursuivie devant le tribunal militaire de Kinshasa/Ngaliema pour incitation de militaires et tolérance présumée d’actes de torture. Elle plaide non coupable et encourt jusqu’à 20 ans de prison.
Annoncé au printemps, contesté pendant des semaines, l’accord d’accueil temporaire conclu entre Kinshasa et Washington pour quinze ressortissants de pays tiers commence à se refermer. Le 5 juin, le gouvernement annonce que plus de la moitié des personnes concernées ont déjà regagné leur pays d’origine. Sur le terrain, le dispositif suit donc le calendrier qu’il s’était fixé.
La journée ville morte appelée par la Coalition Article 64 n’a pas livré une vérité simple. Elle n’a pas prouvé que l’opposition contrôlait la rue. Elle n’a pas non plus prouvé que le pouvoir avait neutralisé la contestation. Elle a surtout ouvert une nouvelle séquence : celle où la Constitution quitte les salles de réunion pour devenir un objet de mobilisation populaire.
La ville morte du 3 juin n'a pas livré le verdict spectaculaire que chaque camp espérait. Kinshasa a ralenti, surtout dans la matinée, mais elle ne s'est pas arrêtée. L'opposition revendique une victoire. Le pouvoir peut répondre que la capitale a fonctionné. Cette journée ressemble à un match nul politique, qui pourrait paradoxalement coûter plus cher à l'opposition.